z205. Faire du Stop en Chine

Après 10 semaines passées sur le territoire Chinois, me voilà maintenant sorti de l’empire du milieu. J’ai récemment reçu un certain nombre d’emails me demandant des détails sur mon expérience de stop en Chine ; je vais donc tenter dès à présent d’expliquer comment je m’y suis pris et les principales difficultés que j’ai dû surmonter lors de mes 15.000 Kms parcourus dans le 3ème plus grand pays au monde.

 

Faire du stop en Chine fut en fait plus facile que ce que j’imaginais au départ. J’ai eu certes plusieurs difficultés à surmonter, quelques moments pas toujours évidents et quelques heures de marche mais je suis globalement heureux de voir que mon activité favorite marche très bien chez nos amis Chinois. Je vous propose ci-dessous quelques-unes des difficultés qu’il m’a fallu surmonter :

 

Difficultés liées à la culture :

 

Le concept du stop tel que nous le connaissons dans le monde occidental n’existe pas vraiment en Chine. Prendre un étranger dans sa voiture ou dans son camion gratuitement est un concept quasiment inconnu pour bon nombre de locaux et il m’a donc fallu expliquer à de nombreuses reprises en quoi consiste cette activité. La gestuelle fut quant à elle également intéressante. Le geste du pouce levé signifie que tout va bien, il n’était donc pas approprié dans ce pays. A mon arrivée en Chine, je ne connaissais pas le geste utilisé, j’ai donc utilisé le pouce levé et les réactions de nombreux locaux furent souvent très drôles.

 

Ci-dessous, une photo en train d’arrêter une voiture au bord de la route.

 

 

Difficultés liées à la langue :

 

Ne parlant pas un mot de Mandarin ou de Cantonnais, la barrière linguistique a souvent rendu la communication verbale difficile (la grande majorité de la population Chinoise ne parle par ailleurs aucune langue que je connais). Cependant, à l’image des autres pays traversés précédemment, cela ne m’a pas pour autant arrêté dans la poursuite de mon challenge. Comme d’habitude, c’est souvent dans les stations services que j’ai pu approcher les conducteurs et ainsi trouver les voitures ou camions me permettant de continuer mon parcours. Afin d’expliquer clairement les objectifs de mon aventure, j’ai souvent utilisé mon document magique que je possède dans chaque langue Asiatique. Photo ci-dessous :

 

 

Ce document explique « Bonjour, je m’appelle Ludovic. Je suis Français. J’ai 29 ans. Depuis le 1er janvier 2003, je fais le tour du monde en stop. Le challenge poursuivi consiste à faire le tour du monde en utilisant le stop comme unique moyen de transport (n’utilisant pas le train, le bus, le taxi ni l’avion). Je souhaite me rendre dans la direction de ……………Allez-vous dans cette direction ? Si oui, serait-il possible de me déposer sur la route ? Je vous remercie beaucoup. Désolé, je ne parle pas Chinois. Bonne journée. »

Afin d’expliquer davantage en détails les objectifs et missions de mon aventure, les locaux pouvaient lire certains des articles parus dans la presse Chinoise. Bien pratique. Photos ci-dessous de quelques-uns de ces articles.

 

 

Si vous souhaitez regarder le reportage réalisé par CCTV, principale chaîne de TV Chinoise, vous pouvez cliquer sur le lien suivant : http://news.cctv.com/society/20070112/100443.shtml (en Chinois) ou un autre réalisé à Shanghai en Anglais sous-titré en Chinois : http://www.youtube.com/watch ?v=BNu6ngZ8naQ

Photo ci-dessous dans les montagnes de l’Himalaya au Tibet à expliquer mon aventure aux chauffeurs de camions avec ce document.

 

 

Je ne vous cacherai pas cependant qu’il y a eu un certain nombre de moments frustrants où les locaux tentaient de m’expliquer quelque chose mais je ne comprenais rien à ce qu’ils me disaient. Devant ma non compréhension, ces mêmes locaux avaient souvent tendance à répéter la même chose mais parlant plus fort, croyant que cela pourrait m’aider. Ne comprenant toujours pas, ils prenaient alors souvent un papier et m’écrivaient leur message avec des idéogrammes Chinois que je ne comprenais toujours pas. Ne sachant plus quoi faire, ils me faisaient alors un signe me souhaitant bonne chance pour la suite…

 

Difficultés liées aux panneaux :

 

Je ne parle pas et donc ne peux pas lire la langue Chinoise. Si les panneaux sur la côte Est du pays sont souvent écrits en Chinois et dans notre alphabet, ce n’est cependant pas toujours le cas dans l’intérieur du pays. En effet, à plusieurs reprises, j’ai été confronté à des panneaux de ce style (ici écrit en Tibétain et Chinois).

 

 

Choisir le bon chemin quand on est seul est donc parfois un défi de taille…

 

Difficultés liées à la politique du gouvernement :

 

Ce point concerne le Tibet. Si faire du stop en Chine fut plus facile que prévu, je me souviendrai de ma traversée du Tibet comme étant la partie (bateau stop excepté) la plus difficile depuis le début de mon tour du monde. Le Tibet est une région très sensible pour la Chine et les points de contrôle sont très fréquents. Le stop y est formellement interdit, plusieurs routes sont interdites pour les étrangers et un permis de séjour est théoriquement nécessaire. Afin de contourner tout cela, j’ai dû me cacher à l’arrière de nombreux véhicules pour pouvoir continuer mon chemin et éviter la police à tout prix, qui m’aurait exclu sans pitié dans la seconde si elle avait eu connaissance de ma présence sur les lieux. Pour lire le récit de ma traversée du Tibet en stop, cliquez ici

 

En dehors du Tibet, la police fut cependant bien davantage une source d’aide qu’une source de problème. Les policiers Chinois furent sans doute ceux à travers le monde qui m’ont le plus aidé dans mon aventure. Ils ont été absolument adorables et je tiens à les remercier. Quelques photos ci-dessous de policiers et autres officiels tenant ma carte du monde.

 

 

Comme je l’ai dit précédemment, malgré ces quelques difficultés, le stop en Chine s’est bien passé notamment grâce à la gentillesse de la population locale. Merci la Chine et à bientôt. Une photo ci-dessous de certaines personnes ayant rendu mon séjour Chinois des plus plaisants.

 

 

Je suis aujourd’hui en Inde, pays où je compte rester plusieurs mois. Je compte ensuite me rendre, toujours en stop bien sûr, vers le Moyen-Orient (Pakistan, Afghanistan, Turkménistan, Iran…) puis rentrerai doucement vers la France. L’objectif étant d’être de retour en France le 1er janvier 2008, soit 5 ans jour pour jour après le départ le 1er janvier 2003.

 

J’espère que vous allez toutes et tous très bien.

 

A bientôt

Ludo