z201. Trajet Pékin – Oulan Bator en Stop

Voilà maintenant un mois que je suis sur le territoire Chinois. Je n’ai pas donné beaucoup de nouvelles ces derniers temps, et pour cause, je ne cesse d’aller d’un endroit à l’autre et passe peu de temps à écrire. C’est promis, vous aurez bientôt davantage de détails sur mon périple dans l’empire du milieu, un pays qui m’impressionne beaucoup de par la vitesse de son développement. J’y reviendrai plus tard. Avant cela, je souhaitais partager avec vous mon trajet en stop entre la ville de Pékin et la capitale Mongole, connue comme la plus froide au monde : Oulan-Bator. Un trajet des plus intéressants…Je n’ai en général pas l’habitude de conter mon parcours chronologiquement mais je vais faire exception à la règle cette fois-ci.

 

L’exercice s’annonçait périlleux en plein mois de janvier, les températures descendant régulièrement sous les -30, voire parfois les -40 degrés dans ce pays peuplé à 30% par des nomades. Cependant, la Mongolie, d’autant plus en hiver, me faisait rêver et je souhaitais m’y rendre. Coup de chance, les températures, même basses, se sont avérées durant tout ce périple, très supportables car il n’y avait pas de vent. Bien entendu, c’est en stop que je souhaitais parcourir les quelques 1700 Kms séparant la capitale Chinoise à Oulan Bator.

 

Ci-dessous, je vous propose un résumé des 5 jours qui m’ont été nécessaires pour rejoindre la capitale Mongole.

 

Cependant, avant d’attaquer la partie Mongole, il me fallait parcourir les quelques 900 Kms séparant Pékin d’Erlian (aussi appelée Ehrenhot), ville frontalière au nord de la Chine dans la province de la Mongolie intérieure (partie Mongole appartenant à la Chine, voir carte ci-dessous).

 

 

Cette première partie de parcours devait se passer, je le pensais, sans difficulté majeure. Les routes Chinoises sont en général de très bonne qualité (meilleures qu’aux Etats-Unis ou en Australie) et le stop fonctionne relativement bien dans ce pays…Mais voilà, un malentendu dû à mon niveau quasi-inexistant de Mandarin et un trop plein d’optimisme de ma part ont rendu la tâche bien plus compliquée que prévu. Récit.

 

Photo ci-dessous d’une des autoroutes Chinoise. La qualité de celles-ci m’impressionne beaucoup, que ce soit dans le sud ou le nord du pays.

 

 

Entré en Chine le 19 décembre 2006 et n’ayant qu’un mois de permis de séjour, je me devais de quitter le territoire Chinois au plus tard le 19 janvier afin d’éviter de me retrouver dans l’illégalité. Ayant assuré mon visa Mongol à Pékin, c’est donc dans ce pays que j’avais décidé de me rendre. Plutôt sûr de moi après 4 ans de stop sur les routes du monde, j’avais décidé d’accepter une invitation pour donner une conférence le 18 dans la journée et me disais alors qu’en partant le 18 au soir et en faisant du stop pendant toute la nuit et la journée suivante, j’arriverais à destination avant la fermeture du poste frontière à 18h00 le 19 (900 Kms à parcourir). Un pari ambitieux mais tout à fait réalisable.

Ci-dessous, une photo prise après la conférence avec des enfants d’une école Internationale.

 

 

Il est environ 17h lorsque, comme à l’accoutumée pour sortir des grandes villes, je me rends avec un bus local au péage à la sortie de la ville (les bus 919 et 345 y vont pour ceux intéressés par une expérience similaire).

 

Photos ci-dessous au péage, où j’explique aux responsables du péage qui je suis, ce que je fais et ce que je veux, en chinois, grâce à mon document magique. Cette méthode est très efficace et m’a jusqu’à présent beaucoup aidé dans mon entreprise.

 

 

Environ 30 minutes d’attente seront alors nécessaires jusqu’à ce que je rencontre un camion ressemblant à un bus, transportant des habits de sport. Le chauffeur de ce camion-bus, homme très sympathique, m’accepte dans son véhicule et me fait comprendre qu’il va directement à Ehrenhot et qu’il est heureux de m’y emmener. Une deuxième personne, sur le siège passager, me confirme cela et me montre sur la carte la destination souhaitée, en me dessinant une horloge et en disant « nous arriverons dans un petit village où nous souhaitons nous arrêter à 9h, puis arriverons à Ehrenhot vers 14h« . La conversation se fait avec des gestes, étant donné que je ne parle pas Chinois et que les conducteurs ne parlent que Chinois, mais tout semble clair, je pars pour la frontière Mongole.

 

Arriver à 14h, c’est à dire avant 18h, c’est parfait, je suis très heureux et me dis « c’est génial, j’arriverai à temps pour mon visa et j’ai pu donner ma conférence, pari gagné« . Les kilomètres s’accumulent, la nuit tombe, le chauffeur sort de la voie principale et s’arrête un peu plus loin pour dormir quelques heures. Avant cela, il me montre une nouvelle fois la carte, m’indique le village reculé où il souhaite s’arrêter et me fait comprendre que nous repartirons peu après vers la frontière Mongole. Toutes ces confirmations font que je peux dormir tranquillement avec la certitude que j’arriverai à temps à la frontière.

 

Ci-dessous, une photo du camion-bus et de mon conducteur en train de boire un alcool Chinois très fort (60%) comme du petit lait avant d’aller se coucher (les routiers Chinois boivent souvent beaucoup d’alcool)…

 

 

La nuit passe et au petit matin nous repartons et arrivons à 9h dans ce petit village, effectivement très reculé et accessible uniquement par des chemins de terre.

Le chauffeur décharge son camion, je l’aide, puis regarde l’heure qui tourne pendant qu’il discute avec ses amis. J’essaie de lui faire comprendre que j’aimerais savoir à quelle heure nous allons repartir pour la frontière Mongole mais ses réponses sont incompréhensibles. Un premier doute traverse alors mon esprit et je me dis « et si j’avais mal compris et qu’il ne va pas plus loin que ce village… ». J’attends encore un peu et redemande quand nous partons, le chauffeur ne semblant pas pressé de reprendre son camion. Avec des gestes, il me fait alors comprendre qu’il compte rester dans ce village et qu’il n’ira pas plus loin. Je lui montre alors Ehrenhot sur la carte, la destination que nous devions rejoindre ensemble mais il me fait maintenant signe que non, il ne va pas à Ehrenhot. A t-il changé d’avis ou ne nous sommes-nous pas compris du fait de la barrière de la langue ? Je n’en sais rien, les 2 scénarios sont possibles mais le résultat est le même : me voilà bloqué dans un petit village Chinois, bien loin de l’axe principal et les heures sont comptées avant de pouvoir rejoindre la frontière à temps. Il est alors près de midi, 5 heures de route sont encore nécessaires avant d’arriver à l’endroit désiré. Malgré le froid ambiant, une goutte de sueur passe sur mon front car je me rends compte à ce moment que je n’arriverai sans doute pas à temps pour mon visa et que je vais me retrouver dans l’illégalité, chose peu souhaitable, notamment du fait que je souhaite un nouveau visa Chinois par la suite, depuis la capitale Mongole, afin de pouvoir continuer mon aventure.

 

J’explique alors au chauffeur ma situation en lui montrant mon visa et ma situation maintenant préoccupante. Cependant, malgré sa gentillesse, celui-ci n’a aucune intention de parcourir les quelques 150 Kms de chemins de terre qui me remettraient sur la voie principale et ne peut me souhaiter que bonne chance en me laissant à la sortie du village dans une petite station service… »Si t’as un peu de chance, peut-être qu’une voiture passera bientôt par là et t’emmènera » semble t-il me dire…

 

Avoir un peu de chance, c’est un euphémisme. L’endroit est désert, aucune voiture ne passe et chaque minute qui passe réduit mes chances d’arriver avant 18h00. Pendant mon attente, je ne souhaite pas m’angoisser et préfère m’amuser avec un adorable petit chien. Voir photo ci-dessous. Le propriétaire m’a proposé de le garder mais j’ai gentiment refusé, ne m’imaginant pas faire du stop avec un chien, aussi mignon et petit qu’il soit (et il ne sera pas toujours petit !).

 

 

4 heures d’attente seront finalement nécessaires avant qu’une voiture avec 3 personnes à l’arrière s’engage sur les chemins désirés. Je les arrête, leur explique mon cas, et très gentiment, malgré le fait qu’ils étaient déjà serrés comme des sardines avec de nombreux bagages, ces charmants Chinois m’acceptent dans leur voiture et me permettent de rejoindre la route principale. Merci à vous 5.

 

 

Une fois revenu sur l’axe principal, le stop devient alors chose bien plus aisée, mais cela ne sera malgré tout pas suffisant pour arriver à l’heure, le poste frontière étant fermé à mon arrivée et l’immigration déjà à la maison. Il me faut alors attendre le lendemain matin, le 20 janvier, soit un jour de plus que me l’autorise mon visa, pour pouvoir quitter la Chine et rejoindre la Mongolie. En 4 ans de stop à travers le monde, je ne me suis jamais mis dans l’illégalité au niveau des visas sauf lors de mon arrivée en Indonésie (où j’étais arrivé puis étais resté 3 semaines sur une île non considérée comme port d’entrée). Si rester plus longtemps que le permet le visa n’est dans certains pays pas problématique (la Thaïlande par exemple ne demande que 500 Bahts par jour dépassé, soit quelques 12 Euros), cela n’est pas le cas dans d’autres pays qui prennent les dépassements bien plus au sérieux…Avant de passer à la frontière, je ne connaissais pas la position de la Chine sur ce sujet…

 

Le lendemain matin, j’arrive à la frontière, rencontre les officiels et leur explique mon cas ainsi que mon aventure. Finalement, l’aventure les intéressa visiblement plus que mon cas de léger dépassement et c’est finalement avec plaisir que nous avons pris de nombreuses photos ensemble et le dépassement ne me vaudra, lui, qu’une petite remarque sans conséquence : « be careful next time »…

 

Photos ci-dessous avec les officiels de l’immigration, dont le chef. Les diverses articles rédigés en Chinois récemment sur mon parcours ont bien aidé pour expliquer les fondements et objectifs de mon aventure.

 

 

Explication de mon aventure…

 

 

Poste frontière…

 

 

Photo lors du passage de la frontière prise par un officiel…

 

 

J’apprendrai par la suite que 3 jours de dépassement ne posent en général pas de réels problèmes en Chine mais qu’au delà, les sanctions sont plus importantes (environ 50 Euros par

jour). Je n’ai donc pas eu d’amende et j’espère simplement que ce retard n’affectera en aucun cas ma prochaine demande de visa Chinoise dans quelques jours.

Les officiels de l’immigration Chinoise devenant alors mes nouveaux amis, ceux-ci me trouvèrent une voiture me permettant de rejoindre la ville de Zamyn Uud, à quelques kilomètres du poste de frontière Chinois (il est en général obligatoire de prendre une jeep ou un bus coûtant 5 Euros car la marche entre les 2 frontières est interdite).

 

Arrivé en Mongolie, les choses sérieuses pouvaient alors débuter. Si la première partie de ce parcours ne m’inquiétait guère, la seconde me laissait par contre un peu plus perplexe. J’ai certes parcouru quelques déserts durant mes 4 premières années de stop autour du monde (désert du Sahara, désert de Patagonie, désert d’Atacama, Nevada-Utah aux USA, Grand Nord Canadien, désert Australien…) mais parcourir 800 Kms du désert de Gobi au mois de janvier, avec des températures pouvant descendre très bas, ne pouvait me laisser insensible. Sur le net, je n’avais trouvé que très peu d’informations sur cette route car l’immense majorité des voyageurs et marchandises traversant ce tronçon le font en général via le train Zamyn Uud – Oulan Bator, moyen direct et pas cher. Le transport routier est quasiment inexistant par ici.

 

C’est donc à pied, un sac devant, un autre derrière comme à mon habitude que je traverse la petite ville frontalière de Zamyn Uud. Je fais mes premiers pas en Mongolie et m’émerveille à la vue des « gers », ces habitations traditionnelles fréquemment utilisées par les populations nomades de ce pays. Il fait alors -12 degrés mais le vent n’est pas fort, rendant ce climat tout à fait supportable.

 

Photo ci-dessous de certains « gers » dans la ville frontalière de Zamyn Uud.

 

 

15 minutes de marche et voilà le moment que j’attendais tant : la fin de la route asphaltée et le début de désert de Gobi. Si les routes Chinoises sur l’axe principal étaient d’excellente qualité, cela n’est pas le cas en Mongolie qui n’a que 3% de ses routes couvertes d’asphalte.

 

Photos à la fin de la route laissant place au désert de Gobi…

 

 

Avant de débuter le stop en Mongolie, j’ai rencontré un couple Mongol Anglophone qui a bien voulu traduire mon document magique du Chinois au Mongol. Leur aide me fut très précieuse car ce document me permit de me faire comprendre, ne parlant pas un mot de la langue Mongole, une langue par ailleurs visiblement plus proche du Russe que du Chinois.

 

 

A l’issue de la route, bien entendu, le trafic est limité, très limité. Après 2 heures d’attente, une première voiture se dirige vers le désert. Malheureusement, celle-ci sera pleine et ne prendra pas la peine de s’arrêter à mon appel. Une heure plus tard, une autre s’approche mais le conducteur me dit quelque chose que je ne comprends pas, puis s’en va vers le néant. Ce n’est que 3 heures plus tard, soit 6 heures après mon arrivée, qu’une voiture avec 3 personnes à son bord se lance vers le Gobi. Ils s’arrêteront à ma demande et m’accepteront dans leur véhicule au grand bonheur du globe-stopper que je suis, qui, même bien couvert, était tétanisé par le froid et commençait à se demander si c’était vraiment une bonne idée de tenter la traversée du Gobi en stop…

 

Le désert de Gobi est un immense désert. La partie traversée n’en constitue qu’une petite partie. Le décor proposé était plutôt ennuyant, quelques collines et steppes d’herbes jaunes, souvent gelées par le froid, à perte de vue. Les pistes, quant à elles, partent dans tous les sens et il n’est pas toujours évident de suivre le bon chemin. Parfois, la piste principale est facilement repérable, parfois non.

 

Six heures de route seront nécessaires pour arriver dans la petite ville de Saynsand, située au tiers du parcours, devant me permettre de rejoindre la capitale Mongole. Photos ci-dessous de la voiture m’ayant pris en stop.

 

 

Photo de quelques chameaux aperçus au loin pendant la traversée…

 

 

Il fait alors nuit noir quand j’arrive et décide de prendre une chambre d’hôtel qui me coûtera 1.5 Euros, me permettant de me rafraîchir un petit peu avant d’attaquer la suite du parcours.

 

La chambre

 

 

Le lendemain matin, je me prépare et remets toutes mes couches de vêtements…Le chapeau de l’armée Chinoise négocié dans la rue par mon père lors de sa venue le mois dernier, un sous-vêtement bien chaud et une deuxième veste âprement négociée sur le marché de Pékin (les locaux n’hésitent pas à multiplier les prix par 10 pour les étrangers, la vigilance est requise) font que je suis prêt à affronter le froid Mongol…

 

 

Cette nouvelle journée qui commence sera finalement la plus intéressante de ce parcours…

 

Alors que je marchais à l’extérieur de la petite ville de Saynsand en cherchant à rejoindre l’une des pistes principales partant vers la capitale (oui, il y en a plusieurs, ce qui rend la tâche de trouver un véhicule plus compliquée), un homme d’une soixantaine d’années vient vers moi et cherche à comprendre pourquoi je marche vers le désert tout seul. Je lui montre mon papier expliquant mon aventure mais il ne me comprend pas bien et me prend par la main en se dirigeant vers un ger. Bien conscient que les meilleures expériences de voyage viennent de ce type de rencontres non préparées et me sentant en sécurité, je décide de suivre ce Monsieur qui me tire par la main et qui me fait rentrer dans son ger. Il me présente alors à toute sa famille assise en rond autour du fourneau et explique qui je suis à sa femme qui s’empresse de préparer une boisson chaude pour réchauffer l’auto-stoppeur que je suis. A ma grande surprise, l’homme me demande d’enlever ma veste et se rapproche de moi pour me sentir et s’assurer que j’étais bien propre. Je l’ai laissé faire mais j’étais quelque peu surpris n’ayant pas l’habitude qu’un humain vienne me renifler.

 

Aussitôt les présentations faites, j’explique plus en détail qui je suis, ce que je fais et pourquoi je me dirigeais tout seul en direction du désert de Gobi. Visiblement intéressés mais surtout curieux de ma démarche, je sors mon lap top et leur montre mon slide-show et d’autres petits films réalisés sur mon parcours, ce qui leur permet de mieux comprendre le pourquoi du comment, les étrangers ne semblant pas être bien nombreux à être passés par ici, d’autant plus venant en stop. Le spectacle semble intéresser la famille et rapidement, plusieurs « voisins » viennent nous rejoindre sous le ger afin de regarder les photos du monde.

 

Je passerai finalement 7 heures avec cette famille et prendrai de nombreuses photos avec eux. Je leur ai promis que j’imprimerai ces photos à Oulan Bator, la capitale, et leur en donnerai une copie à mon retour, étant donné que je dois reprendre le même chemin pour repartir vers la Chine. Ci-dessous, quelques-unes de ces photos, la famille m’ayant habillé de façon traditionnelle.

 

 

Avant de repartir, toute la famille est venue avec moi marcher un petit moment au bord de la piste. Photo ci-dessous de la famille le pouce tendu (signe qui n’existe pas en Mongolie), d’une jeune Mongole portant mon sac et de la mignonne petite fille Mongole tenant ma carte du monde et cherchant à son tour à arrêter une voiture.

 

 

Cependant, étant donné qu’il n’y a en moyenne qu’une voiture toutes les 1 ou 2 heures qui passent, la famille m’a finalement laissé seul et j’ai pu continuer mon bout de chemin…

Photo ci-dessous au bord de la piste…

 

 

C’est finalement 3 hommes Mongols, quelque peu effrayants au premier abord, surtout avec la bouteille de Vodka à la main (l’alcool coule à flots en Mongolie) mais finalement très gentils, qui m’ont permis de rejoindre le village suivant, puis d’autres ont suivi me permettant d’aller de village à village sans rester au milieu du désert, chose qui aurait été problématique.

 

Photo ci-dessous des 3 hommes et d’un moment ennuyant, un pneu qui crève à plus de 150 kms du village le plus proche. Changer une roue quand il fait très froid n’est pas une activité très agréable mais ce n’est pas moi qui m’en suis chargé.

 

 

Je suis maintenant dans la ville d’Oulan Bator. Je donnerai plus de détails sur cette ville prochainement.

A bientôt