z189. Kanoe : Un groupe Héroïque

Lors de ma précédente brève, j’ai essayé de partager avec vous la situation dans la région d’Aceh 20 mois après le tsunami du 26 Décembre 2004, pire catastrophe naturelle du 20ème et 21ème siècle confondus. Durant mon séjour au nord de l’Indonésie, j’ai eu la chance de rencontrer de nombreuses ONGs faisant souvent un très bon travail pour aider la population locale. Care International, Croix-rouge, UNDP, World Vision, etc…De nombreuses ONGs plus ou moins grandes, plus ou moins connues sont représentées et tentent chacune à leur manière d’apporter leur pièce à l’édifice dans cette tâche Herculéenne qu’est la reconstruction de centaines de villes et villages dévastés.

 

Si une brève spéciale sur le travail de ces ONGs pourrait être justifiée, j’ai cependant preferé rendre hommage à un groupe d’une quinzaine de jeunes que j’ai rencontrés dans la ville de Banda Aceh, capitale de la région d’Aceh, ayant perdu plus d’1/4 de sa population. Ces jeunes, âgés pour la plupart entre 20 et 30 ans, ont été héroïques et continuent à l’être aujourd’hui.

 

Sortis indemnes physiquement du Tsunami, ils ont uni leurs efforts et retroussé leurs manches afin d’aider leur ville natale à retrouver vie malgré leur manque d’expérience en la matière. « Une fois les 2 vagues passées, la situation était tragique ici » décrit Zul, l’un des membres de ce groupe. « Personne ne savait où donner de la tête ni par où commencer pour aider. Il y avait des cadavres, des restes de maisons, de voitures et de l’eau absolument partout. Nombreux sont ceux qui souhaitaient aider et nous avons décidé de créer un petit groupe et de nous organiser afin d’être plus efficaces« .

 

Ce petit groupe a aidé, beaucoup aidé et s’est occupé pendant plusieurs semaines du plus difficile : le « traitement » des morts estimés selon les sources entre 100.000 et 200.000 rien que dans leur ville.

 

Ci-dessous, vous verrez certaines photos que ce groupe m’a donné montrant le travail qu’ils ont dû réaliser. Certaines de ces photos sont difficiles à voir mais je ne pouvais chercher à leur rendre hommage sans montrer la réalité de la situation qu’ils ont dû affronter…

 

Dans un premier temps, Zul, Ambon, Jaka, Faisal et ses amis ont cherché à aider les personnes blessées mais les photos ci-dessous décriront mieux que de longs discours l’ampleur et la difficulté de la tâche…

 

 

Une fois les personnes sauvables sauvées, ces jeunes ont mis toute leur énergie à s’occuper des cadavres. « Nous devions agir au plus vite pour éviter la propagation d’un virus tout en cherchant les identités des personnes sans vie étalées partout dans le paysage. Cela était cependant souvent bien difficile, rares furent les victimes ayant gardé visage humain » me dira l’un d’entre eux…Ils me montrent alors certaines photos et je comprends rapidement pourquoi tant de personnes furent considérées comme « disparues »…

 

 

Certaines identités furent cependant retrouvées grâce à des papiers ou des bijoux…

 

 

Afin de permettre aux familles de dire au revoir à leurs proches, les corps pouvant être reconnus furent enterrés les derniers. Pendant plusieurs semaines, le groupe aida à creuser des fosses afin d’enterrer les milliers de corps non identifiés…Vous verrez par ailleurs à l’arrière de la photo de droite à quel point certaines communautés ont été ravagées.

 

 

« Les odeurs furent difficiles à supporter » me dit l’un d’entre eux. « Le matin, avant de nous rendre aux fosses, il nous fallait respirer très fort un cadavre afin de s’habituer à l’odeur et de ne pas tomber malade« . Photo ci-dessous…

 

 

Alors qu’une partie du groupe s’occupait de nettoyer le reste de la ville (photo ci-dessous de l’aide d’un élephant, animal très présent sur l’île de Sumatra), l’autre partie s’occupait d’occuper des enfants sans ressources dans un local leur donnant à manger et les faisant prier pour les victimes. « Les enfants furent traumatisés par cette catastrophe naturelle, nous avons senti le besoin de nous occuper d’eux » me dira Jaka.

 

 

Photo ci-dessous de plusieurs volontaires s’occupant d’enfants quelques jours après le Tsunami.

 

 

Ne souhaitant pas s’arrêter en si bon chemin, ce groupe décide alors de créer « KANOE », une petite association qui a pour but de fournir une éducation gratuite aux jeunes et moins jeunes de leur communauté, qui s’ajoute à celle reçue à l’école. Ainsi, des cours d’Anglais et d’informatique sont aujourd’hui dispensés par des volontaires et divers types de jeux éducatifs sont organisés pour plus de 250 personnes. « Nous avons commencé tout petit mais le bouche à oreille positif nous a obligé à avoir de nouvelles ambitions et c’est avec grande joie que nous nous adaptons à la forte demande » me dira Zul, jeune homme enthousiaste, toujours à la recherche d’une nouvelle idée pour améliorer son concept et permettre aux jeunes de son quartier d’apprendre toujours plus de nouvelles choses.

 

Ci-dessous, une petite compilation des activités organisées par KANOE permettant aux jeunes de communautés touchées par le Tsunami de tourner cette triste page et de regarder de l’avant.

 

 

Photo ci-dessous lors de ma rencontre avec ce groupe héroïque, tous n’étaient pas présents le jour de ma venue.

 

 

A bientôt