A ma famille, mes amis rencontrés avant et pendant ce tour du monde, aux personnes qui m’ont suivi et encouragé pendant ces 5 années de voyage autour de la planète, à vous tous lecteurs de mon site et de mes newsletters.

Ca y est, la boucle est bouclée ! 5 ans jour pour jour après avoir quitté les montagnes des Alpes, me revoilà de retour au point de départ, à l’endroit même que j’avais quitté le 1er janvier 2003. J’avais alors 25 ans, j’en ai aujourd’hui 30.

Ci-dessous, à gauche, vous verrez la première photo du tour du monde en stop prise le 1er janvier 2003. A droite, la dernière, 5 ans plus tard. A vous de juger si j’ai pris de l’âge…

1ère et dernière photo

Avant toute chose, je tiens à remercier toutes celles et ceux qui m’ont permis de rendre ce rêve d’enfant possible, à commencer par mes proches (famille, amis) qui m’ont toujours soutenu moralement et à tous ces gens qui ont bien voulu me prendre en stop ou me loger pour quelques nuits contre quelques histoires. Je tiens également à avoir une pensée spéciale pour Claudio, mon « coach » qui m’a tant aidé pendant toutes ces années et pour tous les enfants de l’hôpital de Strasbourg-Hautepierre qui ont suivi mon parcours depuis le départ.

5 ans autour du monde, ça change un homme. Le Ludovic Hubler qui était parti pour réaliser son rêve d’enfant en 2003 n’est plus le même que celui qui vient d’en revenir.

J’ai souvent considéré la réalisation de ce tour du monde comme une véritable étape nécessaire de ma vie entre la fin de mes études et le début de ma vie professionnelle, au même titre que le serait un Doctorat ou un Master pour d’autres, dans différents domaines. Cependant, cette étape ne s’est pas passée dans une salle de classe mais bel et bien au contact de la réalité du terrain, aux côtés des conducteurs et des peuples du monde entier. Ce tour du monde devait au départ durer 2 ans, il en aura finalement duré 5 car il m’est apparu nécessaire d’aller davantage en profondeur dans la connaissance de notre planète.

Afin de partir à la rencontre des hommes, j’ai choisi d’utiliser le stop sous toutes ses formes pour me déplacer (auto-stop, bateau-stop, etc.), en cherchant à réaliser le défi de « boucler la grande boucle » sans dépenser le moindre frais de transport. Aucune phrase ne peut mieux résumer ma vision du stop que celle utilisée par le Diario del fin del mundo, quotidien Argentin basé à Ushuaia en Terre de Feu, qui titrait le 28 novembre 2003 un article sur mon aventure « Asistiendo a la mejor escuela de vida » (« Vivant la meilleure école de la vie »).

La meilleure école de la vie. Le stop permet en effet de faire rencontrer 2 individus ne se connaissant absolument pas au départ en situation presque intime, l’espace de quelques minutes, heures ou même parfois jours. Un voyage n’a à mon goût aucun intérêt s’il n’est pas ponctué de rencontres avec les populations locales. Le stop permet cette rencontre. J’ai souvent considéré que chacun des quelques 1300 conducteurs m’ayant pris en stop durant mes 5 années de stop autour du monde (plus une centaine durant le tour d’Europe l’ayant précédé) avait quelque chose à m’enseigner. J’ai ainsi pu confronter mes points de vue avec des gens aux passés très différents de moi, pu apprendre de nombreuses choses sur les pays traversés et ainsi avoir la vision des locaux…

Mais au delà du stop et après 5 ans de tour du monde, les 2 mots que j’ai envie de prononcer aujourd’hui sont : PLUS JAMAIS.

PLUS JAMAIS

Plus jamais, je n’agirai sans penser aux conséquences de mes actes pour l’environnement et plus jamais je ne laisserai mon gouvernement ignorer les défis pour la planète. De la vision de la déforestation au Honduras, Brésil ou Indonésie à la vision de la fonte des glaciers en Antarctique ou dans le grand nord Canadien, j’ai pu me rendre compte à quel point l’être humain est en train de détruire petit à petit notre si belle planète. L’hebdomadaire Anglais « The Economist » écrivait récemment dans ses colonnes « Will individual ignorance and selfishness lead to collective doom ? » (Est-ce que l’ignorance et l’égoïsme individuel mèneront à une faillite collective ?), c’est une question que je me pose aujourd’hui très fréquemment… Chacun de nous a un rôle à jouer pour éviter cette faillite collective. L’une des grandes priorités pour cela et qui aiderait en même temps d’autres sujets sensibles est la promotion des énergies alternatives.

Plus jamais, je ne me plaindrai pour ce que je n’ai pas. Ce tour du monde m’a permis de côtoyer des gens qui n’avaient rien (ni eau potable, ni électricité, etc.) et qui pourtant gardaient le sourire, cherchaient à offrir l’hospitalité et ne se plaignaient jamais de leur sort. Je m’efforcerai dorénavant de ne jamais oublier ces gens qui m’ont tant apporté et de relativiser mes problèmes personnels.

Plus jamais, je n’ignorerai le travail fabuleux de toutes ces personnes travaillant dans l’ombre (souvent bénévolement ou presque) et cherchant à rendre notre monde meilleur. Avant de partir, je ne savais même pas ce que les lettres « ONG » voulaient dire. Après la visite d’une centaine d’entre elles et la rencontre d’individus formidables cherchant à changer la destinée des plus défavorisés, je n’ai qu’une seule envie : Apporter ma modeste contribution à leur effort et encourager chacun d’entre vous à faire de même.

Plus jamais, je n’oublierai la chance que j’ai d’être né en France. Merci Papa, merci Maman. Combien de personnes m’ont-ils rappelé pendant ces 5 années la chance que j’ai d’avoir eu accès à une éducation de qualité, d’avoir un passeport me permettant de me déplacer librement à travers le monde et d’avoir une monnaie forte me permettant de rendre un tel voyage possible. J’aimerais, dans un avenir pas trop lointain, qu’il y ait réciprocité dans les déplacements des citoyens de ce monde. Ce n’est pas le cas aujourd’hui et j’espère que nous comprendrons dans un futur proche que beaucoup des problèmes du monde seront résolus par le développement d’un équilibre entre les différents pays.

Plus jamais, je ne jugerai qui que ce soit en me basant simplement sur l’apparence physique, la nationalité, l’appartenance religieuse ou sur des stéréotypes. Si mon tour du monde m’a appris une chose, c’est que nous sommes tous les mêmes peu importe notre couleur de peau, notre religion, notre race ou l’équipe de football supportée. Chacun des 6 milliards et demi de citoyens de ce monde (ou l’immense majorité) partage les mêmes besoins primaires et envies. Chacun d’entre nous recherche le bonheur, la sécurité, l’amour, le désir d’avoir des enfants et la volonté de leur permettre de vivre le meilleur avenir possible. La diversité est une richesse et nous devons tous apprendre les uns des autres.

Plus jamais, je ne laisserai la recherche de sensationnalisme et de mauvaises nouvelles des médias laver mon cerveau. Mes récents séjours en Iran, au Pakistan, en Afghanistan ou en Colombie m’ont montré à quel point la perception que j’avais des habitants de ces pays étaient totalement biaisée à cause de médias n’insistant que sur les activités de quelques illuminés ne représentant pas la majorité de la population.

Plus jamais, je ne refuserai d’offrir l’hospitalité à un voyageur de passage ou à un ami dans le besoin. Outre le fait que je suis endetté pendant un moment envers tous ceux qui m’ont offert l’hospitalité pendant ces 5 années de voyage, j’ai pu voir à quel point le monde occidental a beaucoup à apprendre de l’Amérique Latine ou du Moyen-Orient à ce niveau. Merci par ailleurs aux 2 sites internet www.hospitalityclub.org et www.couchsurfing.com qui ont rendu mon tour du monde bien plus aisé et bien plus intéressant.

Plus jamais, je n’achèterai de produits sans penser aux conséquences de mon acte d’achat. Lors des conférences que j’ai données dans diverses écoles et organisations, j’ai souvent cherché à faire la promotion du commerce équitable et à responsabiliser le consommateur. « Acheter, c’est voter ». Désormais, chaque fois que j’achèterai un produit quelconque, je me poserai la question du type d’entreprise que je cautionne.

Plus jamais, je n’aurai peur de me lancer dans des projets d’ampleur. La citation d’Oscar Wilde « La sagesse, c’est d’avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu’on les poursuit » qui m’avait poussé à me lancer dans l’aventure s’est avérée être un leitmotiv pour moi tout au long de mon parcours. De même, la citation de Dominique Glocheux « La vie n’est pas un restaurant mais un buffet, levez-vous pour vous servir » restera à jamais gravée dans ma mémoire.