93. L’Antarctique, un séjour fabuleux

Ça y est, me revoilà dans le monde civilisé après un séjour absolument fabuleux sur le continent blanc. Afin de vous le conter, je vais exceptionellement mettre ma newsletter dans une brève afin de ne pas raconter deux fois la même chose. Si certains d’entre vous souhaitent recevoir régulièrement (environ toutes les 6 semaines) la newsletter dans votre boîte, vous pouvez m’écrire à l’adresse suivante : ludovichubler@yahoo.fr

 

Très bientôt, je vous donnerai plus d’informations sur ce séjour et notamment sur la base de Jubany, base Argentine visitée au nord de la Péninsule Antarctique.

 

Buenas tardes para todos,

 

C’était un rêve, un rêve qui me semblait absolument impossible. Ainsi, ce projet de rejoindre le continent Antarctique en stop ne figurait même pas sur mon itinéraire de départ mais j’y pensais tout de même fort, très fort.

« Les limites n’existent pas, il n’y a que des obstacles à franchir ». Cette phrase me trottant souvent dans la tête m’a poussé à jouer ma chance à fond…et je n’ai pas regretté, j’ai ainsi réussi à rejoindre le 7ème continent en « Brise-glace stop ». Un moment exceptionnel.

Le stop jusqu’en Antarctique

 

Trouver un bateau pour rejoindre le continent blanc ne fût pas une chose évidente. 3 semaines et une centaine d’e-mails envoyés à travers le monde (merci internet une fois de plus !) auront été nécessaires avant d’obtenir ma place sur l’Ushuaia (voir photo ci-dessous), un brise-glace de 88 mètres pouvant accueillir environ 100 personnes, majoritairement des touristes payant en général entre 3.000 et 40.000 dollars US les 11 jours d’expédition.

 

 

Mon challenge étant de faire le tour du monde sans dépenser le moindre centime de transport, il me fallait donc trouver un moyen d’embarquer sans payer mais en apportant bien entendu une contre-partie.

Ainsi, j’ai contacté, via e-mail et télephone, les 28 armateurs ayant des bateaux partant sur l’Antarctique les uns après les autres (les capitaines des bateaux ne peuvent en général prendre aucune décision et les armateurs, seuls décisionnaires, sont basés aux Etats-Unis, en Europe voire en Australie) leur proposant non seulement mes services sur le bateau (chose en général peu évidente car soumise à de nombreuses régulations), la traduction de leur site web en français, le logo de leur entreprise sur mon site internet (www.ludovichubler.com), un film de la croisière pour donner des images au directeur ainsi qu’un rapport faisant part de mon point de vue sur la croisière. Les réponses négatives fûrent bien nombreuses pendant mes 3 semaines passées à Ushuaïa (où je travaillais par ailleurs en tant que serveur) mais l’entêtement aura payé, je réussis finalement à trouver un embarquement me permettant de rejoindre le 7ème continent et ainsi envisager l’achèvement d’un tour du monde complet (7 continents). Outre les activités citées ci-dessus, je travaillais à bord 6 heures par jour dans la cuisine principalement a laver la vaisselle, passer la serpillère, éplucher des patates et couper du pain…Un travail certes peu intellectuel mais qui m’emmena au paradis, un paradis fantastique, exceptionnel, merveilleux…

 

2 photos en situation de bateau-stoppeur dont l’une en discussion avec un capitaine qui, tout comme beaucoup d’autres, m’a orienté vers l’armateur, seul décisionnaire.

 

 

 

L’Antarctique, le continent blanc

 

Avant tout, l’Antarctique, c’est mythique. Un continent encore peu visité (seuls environ 200.000 personnes y ont mis les pieds à ce jour), un continent extrême, lisez plutôt :

 

– Continent le plus froid au monde : Si les températures sont assez variables selon les endroits, elles sont en général toujours en-dessous de 0 degré. Le record ayant été enregistré le 21 juillet 1983 dans la base Russe de Vostok : – 89,2 degrés !!! Lors de mon séjour, les températures oscillaient entre – 5 et – 10 degrés car nous sommes actuellement en été.

– Continent le plus venteux : Les vents souvent très forts peuvent atteindre jusqu’a 320 Km/h !

– Continent le plus sec : Aussi surprenant que cela puisse paraître, une grande partie de l’Antarctique a des précipitations aussi faibles que celles du Sahara.

–  Continent le plus haut : L’altitude moyenne de l’Antarctique est de 2.250 mètres (contre une moyenne de 600 mètres dans le reste du monde). Cette altitude est due a l’importante épaisseur des glaces et aux chaînes de montagnes traversant le continent dépassant fréquemment les 4.000 mètres (le sommet le plus haut, Ellsworth Mountains, culmine a 5.140 mètres). Il existe aussi un volcan toujours en activité, le « Mount Erebus ».

–  Continent le moins peuplé : L’Antarctique n’a aucun peuple indigène et tous ses habitants ne sont que temporaires (souvent 1 an au maximum). En effet, les conditions climatiques extrêmes ne permettent à quiconque de s’y installer définitivement. Cependant, il existe en Antarctique une cinquantaine de bases réservées pour les scientifiques et la recherche (j’en ai visité une et développerai ce sujet sur mon site ultérieurement) regroupant au total environ 1.200 personnes en hiver et 8.500 en été.

 

Ce continent de 14.2 millions de Km² (5ème continent par la taille, environ 2 fois la taille de l’Australie) formé a 98% de glace contient 70% de l’eau douce présente dans le monde sous forme de grand glaçon. Au mois de septembre, la taille du continent double du fait du gel de l’océan l’entourant.

 

Me rendre sur ce continent fût une expérience fabuleuse qui restera à jamais gravé dans ma mémoire. Outre ce côté mythique qui donne l’impression d’être sur une autre planète et de ne plus véritablement appartenir à notre monde civilisé, j’ai été séduit par les paysages absolument exceptionnels.

 

Aucune photo ou vidéo ne peut véritablement transcrire ce décor formé de montagnes, de glaciers et d’icebergs plus beaux les uns que les autres. La raison à cela est que le soleil (oui, oui, il y en a !) donne des couleurs toujours différentes selon l’endroit où on se trouve et un panorama de 360 degrés donc difficile à cadrer avec un appareil. Cependant voici 5 photos qui pourront vous donner un aperçu des paysages rencontrés.

 

 

 

 

 

 

24 heures de jour : La position géographique de l’Antarctique permet d’avoir en été la lumiere du jour 24 heures durant (en période hivernale, c’est bien entendu l’inverse qui se produit). Voici une photo prise à 3h30 du matin.

 

 

Faune et flore : Les conditions extrêmes évoquées limitent le développement de vie sur le continent. Cependant, quelques rares plantes peuvent être aperçues de temps en temps ainsi que plusieurs espèces animales. Parmi celles-ci, j’ai pu voir de nombreuses baleines, oiseaux (albatros, cormorans, skuas…), différentes sortes de pingouins (adélie, chinstrap, gentoo…) et d’éléphants de mer (voir photos ci-dessous).

 

 

 

Le passage du Drake : Ce fameux passage reliant l’Amérique du sud à l’Antarctique et redouté des marins du monde entier aura tenu toutes ses promesses nous offrant de superbes vagues de plusieurs mètres de haut. Faire la vaisselle et passer la serpillière dans ces conditions ne fût pas tous les jours évident…

 

Prochaines étapes

 

Etant donné que partir plus au sud n’est pas une chose possible (le pingouin-stop ne marche malheureusement pas !), je vais bientôt débuter la grande remontée qui me mènera, si tout se passe bien, dans quelques mois aux Etats-Unis. Le 10 janvier, un ami viendra me rejoindre au Pérou pendant 15 jours.

 

La prochaine newsletter qui sera envoyée au début de l’année prochaine fera un premier bilan du tour du monde en stop.

Je vous souhaite à toutes et à tous un joyeux Noël (qui sera passé pour ma part probablement tout seul au bord des routes Chiliennes).

 

A bientôt.

Ludo