91. Un auto-stoppeur en Antarctique

C’était un rêve, un rêve secret qui me paraissait impossible. Ainsi, ce projet de rejoindre le 7ème continent en stop ne faisait même pas partie de mon itinéraire de départ même si j’y pensais fort, très fort.

 

« Les limites n’existent pas, il n’y a que des obstacles à franchir », cette phrase qui me trotte souvent dans la tête m’a poussé à jouer ma chance à fond en me disant que si succès il devait y avoir, ce serait formidable et sinon, j’aurais au moins tenté ma chance et donc rien à me reprocher.

 

Aujourd’hui, samedi 28 novembre, la nouvelle est désormais officielle, c’est en « brise-glace stop » que je rejoindrai dès demain le continent blanc. Incroyable mais vrai ! Une immense joie !!!

 

Après l’immensité beige de la traversée du Sahara, l’immensté bleue de la traversée de l’Atlantique à la voile, place maintenant à l’immensité blanche de l’énorme glaçon qu’est l’Antarctique. Pour être tout à fait honnête, j’ai des frissons rien qu’à l’écrire tant cela me paraît irréel.

 

Le départ est prévu demain dimanche à 15h30 local, (la décision finale dépendait du nombre de touristes présents durant le voyage), je vais donc rapidement partir acheter un gros pull car bien évidemment, auto-stoppeur que je suis, je ne suis absolument pas équipé pour affronter le grand froid polaire. Le reste de l’équipement me sera prêté.

 

Le voyage durera 10 jours, je serai donc de retour le 10 décembre et vous raconterai bien entendu ce voyage extraordinaire en détail. Je n’aurai bien entendu pas accès à internet durant tout ce temps.

 

Comment ai-je pu embarquer sur ce bateau ? La démarche fût longue et pleine d’embûches. Comme je vous l’avais expliqué dans une précedente brève, les seuls capables de prendre la décision de me faire embarquer sont les armateurs. Ces armateurs basés souvent aux Etats-Unis ou en Europe interdisent en général tout non-marin à bord de leur bateau mis à part bien sûr les touristes qui eux paient leur croisière entre 3.000 et 40.000 dollars US la semaine. N’étant qu’auto-stoppeur (ou bateau-stoppeur pour l’occasion), il était donc impossible pour moi de payer cela non seulement parce que je n’ai pas les moyens mais surtout car le challenge que je tente suppose de boucler la grande boucle sans payer le moindre centime de transport. Ma démarche fût donc d’écrire aux 28 armateurs les uns après les autres, de les relancer de nombreuses fois soit par e-mails soit parfois par téléphone, de leur expliquer pourquoi ils ne doivent pas réagir en disant « non, désolé, ce n’est pas dans nos habitudes… », les habitudes n’ont aucune importance pour moi, il me fallait embarquer sur un bateau pour pouvoir faire un tour du monde complet et ainsi rejoindre tous les continents de la planète.

 

Pour cela, je leur proposais plusieurs choses : travailler sur le bateau sous diverses formes (serveur, aide dans la cuisine…), insérer le logo de leur entreprise sur mon site, filmer la croisière afin de permettre au directeur d’avoir quelques images et parfois traduire une partie de leur site internet en français.

 

Les réponses négatives se sont succedées les unes aux autres mais la persevérance a une nouvelle fois payé, la compagnie Antarpply a fini par m’accepter à son bord. Pour informations, deux autres armateurs devaient me donner leur réponse dans les prochains jours.

Je suis donc le plus heureux du monde et m’apprête à vivre une expérience fabuleuse sur ce continent formé à 98% de glace.

Avant de vous laisser à vos occupations, je vous fais parvenir 3 photos de bateau-stop prises au port d’Ushuaïa. La dernière fût prise alors que j’expliquais mon projet à un capitaine qui m’a, comme beaucoup d’autres, dit de contacter l’armateur car il ne pouvait pas prendre la décision de me faire embarquer.

 

 

 

 

A bientôt.