87. Arrivé au bout du monde

La route fût longue, très longue, les routes furent souvent dans un très mauvais état (notamment plusieurs centaines de Kms parcourus sur des chemins de terre où les camions ne peuvent dépasser les 25 Kms/h), le trafic fût faible, très faible et les périodes d’attente le pouce tendu au bord de la route souvent assez longues (les stations services sont souvent vides) mais ça y est, me voilà à Ushuaïa, ville la plus australe du monde souvent appelée « la fin du monde ». Cette arrivée clôture ainsi la première grande étape de ce tour du monde en stop. Une grande joie.

 

« Bienvenidos en el fin del mundo », ce panneau situé dans la ville du bout du monde, je l’attendais depuis longtemps. Avant mon départ, je regardais pendant des heures mon Atlas et regardais les routes du monde entier. Un des endroits où mes yeux étaient le plus rivés furent le sud de l’Argentine. Que peut-il bien y avoir dans une ville comme Ushuaïa ? Comment les gens peuvent-ils vivre cet éloignement de tout autre centre urbain ? Comment est le climat ? etc…Ces questions, je me les suis posées un certain nombre de fois et je vais maintenant peut-être avoir certaines réponses.

 

Etant donné que je viens d’arriver, je ne peux donner d’informations sur la ville pour le moment. Afin de profiter de cette ville si mythique et par la même progresser en Espagnol et gagner un peu d’argent, j’ai décidé de chercher un travail pour 3 ou 4 semaines ici. Un jour de recherche aura été suffisant, j’ai trouvé hier un emploi de serveur dans un restaurant de fruits de mer. Ce restaurant accueille de nombreux touristes, je serai donc en charge de les servir. Je n’ai aucune experience dans le métier et la réputation d’être parfois maladroit, je vais donc devoir redoubler de vigilance…Aujourd’hui, premier jour de travail…

 

Pendant le temps que je serai ici, je vais bien entendu visiter les environs mais aussi tenter l’impossible : Faire du bateau-stop pour l’Antarctique. Un tour du monde ne peut être complet si le 7ème continent n’est pas visité…Les chances de succès d’une telle entreprise sont très faibles car les bateaux y allant sont peu nombreux et les places pour s’y rendre sont très, très chères (minimum de 3.000 dollars pour une semaine de voyage dans les bateaux de croisère, certaines places valent plus de 40.000 dollars !). Mon challenge étant de parcourir le globe sans dépenser le moindre centime en transport, je ne souhaite bien entendu pas payer une telle somme (qui represente plusieurs mois de mon budget ! (je parle des 3.000 dollars)).

 

Comment vais-je m’y prendre ? Je vais contacter armateurs de bateaux de croisières mais aussi de bateaux de scientifiques faisant de la recherche, leur expliquer mon projet, leur proposer de travailler à bord (en tant que serveur ou autre), leur proposer éventuellement de faire un film à bord avec mon caméscope, leur proposer de mettre leur logo sur mon site…etc…Je vais tenter plusieurs pistes mais une fois de plus, les chances de réussite restent minces…mais « qui ne tente rien n’a rien », c’est bien connu…c’est en tout cas un challenge intéressant…A suivre…Je vous tiendrai bien sûr au courant.

 

Dehors, il fait environ 5 degrés et il neige un petit peu, premiére fois que je retrouve la neige depuis mon départ d’Europe au début de l’année. La différence est qu’en Europe, c’était l’hiver et ici nous rentrons dans l’été mais l’été austral.

 

A noter pour terminer que cette brève expliquant l’arrivée au bout du monde constitue la 100ème depuis le début du tour, un hasard.

 

A bientôt pour plus de nouvelles sur le bateau-stop et sur Ushuaïa.