84. L’Argentine aujourd’hui

L’Argentine : le passé, l’avenir. La nostalgie et l’espoir, c’est comme ca qu’il faut comprendre l’âme Argentine, un passé perdu a jamais et l’espoir d’un avenir meilleur.

 

Ici à Buenos Aires, la capitale, tout le monde se souvient de cette époque au début du 20ème siècle où l’Argentine jouait les premiers rôles de l’écomomie mondiale et se positionnait même en 5ème position des pays les plus riches de la planète. Ce temps là est malheureusement pour les 37 millions d’Argentins complétement révolu et le deuxième pays le plus peuplé d’Amérique du Sud vit en ce moment la période la plus sombre de son histoire.

 

« Trop de corruption », disent certains, « nous avons vécu au-dessus de nos moyens pendant trop longtemps, nous payons maintenant les pots cassés » disent d’autres, ou encore « la parité du peso avec le dollar nous a plombé, nous ne pouvions pas lutter » « le gouvernement Menem a tout détruit, il a privatisé toutes les entreprises et a pris tout notre argent, comment des gens peuvent-ils encore aimer un tel voleur ? Et dire que maintenant il vit une vie paisible avec Miss Univers (ex Miss Chili), il devrait être en prison ». Ces paroles entendues ici et là reflétent toutes plus ou moins la réalité d’un pays vivant la plus grave crise économique et sociale de son histoire.

 

« Tu vois Ludo » me dit Tomas, ancien collègue rencontré dans mon école de commerce aux Etats-Unis qui me loge ici pendant 10 jours, « tous ces gens que tu voies mendier dans la rue sont des nouveaux SDF, avant décembre 2001 (date à laquelle l’Argentine a vécu le pire moment de la crise entrainant la déstitution du président De la Rua, successeur de Menem), la plupart d’entre eux avaient un travail ». « Imagine une seconde, notre argent que nous avions laissé à la banque a été divisé par trois à cause de la dévaluation et nous ne pouvons même pas tout retirer si nous le souhaitons. Jusqu’au mois de décembre 2001, l’Argentine pouvait se vanter d’avoir une vraie classe moyenne et d’avoir des différences riches/pauvres raisonnables, aujourd’hui, la classe moyenne est la plus touchée (les plus riches avaient pour la plus part placé leur argent sur des comptes á l’étranger) et nous aurons du mal à nous relever d’une telle gifle. Le nouveau président Kirchner semble bien et honnête, j’espère qu’il ne finira pas corrompu comme les autres et que la situation s’améliorera le plus rapidement possible ».

 

Vous l’aurez compris, l’Argentine ne va pas bien. Ainsi, si de nombreuses personnes gardent espoir de retrouver leur passé glorieux, d’autres moins optimistes cherchent à s’exiler : « Je n’ai plus confiance en mon pays, je ne peux même plus laisser mon argent à la banque en toute confiance, je veux partir vivre en Europe ; l’Espagne ou l’Italie me plairait bien » me dit cet ami de Tomas qui rajoute un peu plus tard « il n’est pas évident pour nous d’obtenir un visa de travail en Europe, nombreux européens sont venus ici pour échapper à la guerre et maintenant leur petits-enfants ne peuvent même plus revenir, c’est pas normal ».

 

Outre l’aspect économique et social, j’ai pu ces derniers jours découvrir la capitale de l’Argentine : Buenos Aires. Souvent consideré comme la ville la plus Européenne d’Amérique du Sud, Buenos Aires m’a effectivement rappelé mon continent d’origine. Buenos Aires, c’est un peu un mixte entre Paris, Milan, Madrid, Berlin et Londres. En effet, si l’architecture du centre ville est fortement à dominance française du fait des nombreux architectes venus en France au début du siècle, les grandes avenues (dont l’avenue 9 de Julio qui est la plus large du monde) rappellent Berlin, les briques rouges de la banlieue rappellent Londres mais la mentalité des Argentins est plus méditerranéenne. Personellement, la ville m’a beaucoup plu même si elle ne m’a pas beaucoup dépaysé. De nombreux monuments sont superbes, les rues commerçantes sont omniprésentes et très dynamiques (voir photos) et la vie nocturne est trés active, on peut notamment y danser le Tango, danse nationale.

 

La rue Florida :

 

 

Le congrès :

 

 

Près de l’obelisque sur l’avenue 9 de Julio :

 

 

Au niveau des spécialités culinaires, j’ai pu goûter les empanadas (pour avoir la recette et manger argentin chez vous, cliquez ici ) qui sont souvent excellents. J’ai aussi pu m’essayer aux asados, ces barbecues argentins donnant une viande excellente (la viande argentine est souvent consideré comme la meilleure du monde – voir photo).

 

 

Autre spécialité mais à boire cette fois-ci, la Maté, le thé local qui se boit à l’aide d’une paille en métal dans un récipient pouvant adopter diverses formes. Très fréquemment, on peut voir dans la rue des gens buvant leur maté.

 

Dernière spécialité (qui existe aussi au Brésil cependant), le Dulce de leche. Cette confiture de lait qui remplace un peu notre Nutella local peut permettre de confectionner des desserts originaux. Elle peut napper des tartines, fourrer des crèpes, accompagner une crème, une glace, un fruit ou remplacer une crème patissière dans un mille-feuille. La recette si vous souhaitez en faire à la maison ? cliquez ici .

 

Mon séjour à Buenos Aires est maintenant terminé, départ immédiat pour Trelew, ville de 100.000 habitants située 1400 Kms au sud en Patagonie. La distance pour arriver dans la ville d’Ushuaia est de 3200 Kms, autant dire que je ne suis pas encore arrivé.

 

A bientôt.