83. Exemple de « galère » d’auto-stoppeur

« Ludo, tes comptes-rendus sur ton site sont intéressants, on apprend plein de choses et avons l’impression de voyager avec toi mais je trouve que tu ne relates pas assez les galères d’auto-stoppeur que tu vis, donne nous un exemple… »

 

Voici un e-mail reçu récemment. Qu’à cela ne tienne, voici un exemple de « galère » d’auto-stoppeur mais qu’est-ce qu’une « galère » quand on sait que derrière, de nombreuses merveilleuses découvertes nous attendent ??? L’important dans les « galères » est de toujours garder un tempérament positif et de se convaincre qu’il y a une solution à tout problème.

 

Nous sommes le 9 octobre dernier, je pars de Foz de Iguaçu direction Blumenau, soit environ 1000 Kms de stop, pour assister à l’Oktoberfest (dont j’ai parlé dans une précedente brève).

 

La journée de stop s’est bien passée et j’ai pu bien avancer. Il est environ 22h30, je suis dans une station essence entrain de chercher un camion ou une voiture pouvant m’emmener vers la ville de Curitiba, située à environ 500 Kms plus à l’Est. Après avoir attendu et cherché pendant environ 3 heures (au Brésil mes périodes d’attente se situaient souvent entre 2 et 3 heures), je trouve un camion me disant qu’il est prêt à m’emmener jusqu’à Curitiba. Heureux, je monte à son bord et débute le voyage à ses côtés. Nous discutons pendant environ 1 heure et demi puis le chauffeur me propose de me reposer sur son lit derrière le siège. Etant donné que j’étais un peu fatigué et que j’avais confiance en ce chauffeur (ce qui n’est pas toujours le cas), je m’endors paisiblement.

 

Environ 2 heures plus tard, il est alors près de 2 heures du matin, le chauffeur s’arrête dans une petite station-essence et me réveille. « Je vais te laisser ici car je dois dormir dans le prochain village ». Bien fatigué et après avoir compris que je n’avais pas d’autres solutions, je prends mes affaires et descends du camion. La station est vraiment petite mais reste ouverte la nuit (ce qui n’est pas toujours le cas). J’attends 30 minutes, aucun camion et encore moins voiture ne s’arrête, la route est déserte et la station vide. Je discute avec le gérant qui reste seul à lire son livre qui me dit « Tu sais mon grand, la nuit quasiment personne ne s’arrête ici, si j’étais toi, j’irai dormir par terre dans le garage derrière, tu seras à l’abri du vent ». Bonne idée, dormir me ferait le plus grand bien, je prends donc mes affaires et me rends dans ce petit garage vide, j’ai ainsi un toit et un endroit à peu près propre pour dormir. J’enfile mon sac de couchage et m’endors bien rapidement en utilisant ma veste comme oreiller et n’ayant pas oublié de vétir mon sweat-shirt pour ne pas attraper froid.

 

Environ 1 heure plus tard, il est donc environ 3h30 du matin, il commence à pleuvoir très fort. Je ne m’inquiète pas étant protegé et poursuis ma nuit sans me soucier de quoi que ce soit.

 

2h30 plus tard, vers 6 heures du matin, il pleut toujours et je sens en me retournant que je suis humide, j’ouvre alors les yeux et me rends compte que le toit du garage n’a pas complétement joué son rôle de protection. Le garage est innondé, je suis dans un vrai bain et toutes mes affaires sont trempées (mes sacs posés près de moi et mes habits). Quel bonheur ! Dans ces cas là, je me demande pourquoi je ne suis pas dans un bon lit bien douillé à regarder la télevision et à manger un bon sundae caramal avec des cacahuètes.

 

Je me lève donc, retourne vers la station voir le surveillant de nuit d’oú je tente de faire sécher mes affaires (parmi lesquelles certains documents). « Tu n’as rien râté, aucune voiture ni camion ne se sont arrêtés cette nuit » me dit-il. C’est en apprenant cette bonne nouvelle que je finis ma nuit la tête entre les mains assis sur une chaise…

 

Vers 11h00, après m’être lavé comme j’ai pu, je trouve un autre camion qui m’emmenera à Curitiba puis d’autres pour que je puisse rejoindre Blumenau et sa célèbre fête de la bière.

 

Cette scène en est une parmi d’autres, l’auto-stop n’est pas toujours une chose facile mais cela je le savais avant de partir. Une fois de plus, les nombreux côtés positifs du stop (rencontre de populations de milieux sociaux et cultures très variées, découverte du quotidien de gens bien différents de moi…) et les fabuleuses découvertes qui suivent toutes ces « galères » me font vite oublier tous ces moments parfois un peu difficiles mais qui rendent chaque fois plus fort mentalement et qui permettent d’apprécier encore plus les nuits confortables passées à rêver…

 

A bientôt.