72. Arrivé à Belo Horizonte

Ça y est, après 3 semaines passées dans ma ville de coeur qu’est Rio de Janeiro, j’ai repris l’auto-stop en direction du nord pour rejoindre la troisième plus grande ville Brésilienne qu’est Belo Horizonte (3 millions d’habitants) dans l’Etat du Minas Gerais, cinquième plus grand Etat du Brésil (sur 26) et plus grand en superficie que la France.

 

Comme je pouvais m’y attendre le plus difficile de cette courte période d’auto-stop (à peine plus de 400 Kms) fût la sortie de Rio de Janeiro, ville de plus de 8 millions d’habitants aux banlieues réputées très dangereuses…

 

Pour ce faire, j’ai rejoint avec un bus (je m’autorise de prendre les transports en commun en ville) une station service avant l’entrée sur « l’autoroute » (qui n’en est pas vraiment une) et débuté ma technique habituelle qui consiste à aller discuter avec les chauffeurs venant faire leur plein d’essence en ésperant embarquer dans leur voiture et ainsi aller de station a station et rejoindre la ville souhaitée. Mais voilà, à Rio comme à Paris comme dans presque toutes les grandes villes du monde, beaucoup de gens prennent la sortie uniquement pour se rendre dans la banlieue où se situent leur logement et très très peu de cariocas (habitants de Rio) partent en voiture vers Belo Horizonte (les routes ne sont pas très bonnes et les gens souhaitant faire des longues distances au Brésil prennent en règle générale l’avion).

 

Ainsi, ce n’est que très progressivement en avançant à coups de 5 à 10 Kms de stations en stations, avec souvent 1, 2 à 3 heures d’attente, que je réussis à vraiment sortir de la ville puis à trouver une voiture rejoignant Belo Horizonte et me déposant finalement à l’adresse exacte où je souhaitais me rendre. Une fois sorti de la ville, les choses sont alors bien moins difficiles…

 

Parmi les rencontres faites, je me souviendrai surtout de cet homme d’une quarantaine d’années plutôt sympathique qui, alors que nous discutions de l’insécurité à Rio, me montre son révolver caché dans sa boîte à gant et me dit « Si il y a un barrage, c’est moi qui tire le premier »…Pour que vous puissiez comprendre, je me dois de vous expliquer certaines choses qui se passent parfois à Rio :

 

Dès la tombée de la nuit, les cariocas utilisent en général les feux rouges comme des « cédez le passage » sans s’arrêter par peur d’être arrêté par ces célèbres barrages (les policiers laissent faire en connaissance de cause). Les barrages sont en général des groupes de 2, 3 ou 4 jeunes personnes armées apparaissant brusquement sur la route et profitant de l’arrêt de la voiture pour menacer le conducteur avec un revolver lui demandant de sortir de la voiture rapidement sous peine de tirer (ils n’hésitent semble t-il en général pas à le faire en cas de résistance, ils n’ont rien à perdre). Le chauffeur quitte alors son véhicule dont s’empare à toute vitesse ces jeunes personnes… Une fois de plus, je tiens à répéter que ce genre de choses n’arrivent que peu souvent et principalement dans des endroits ayant mauvaise réputation, il s’agit donc de ne pas se trouver au mauvais endroit au mauvais moment…Rio reste par ailleurs une ville superbe et vraiment pas toujours dangereuse, en tout cas moins que ce que sa réputation lui donne…

 

Me voilà maintenant à Belo Horizonte, je partirai lundi matin pour la petite ville d’Itamarandiba près de Diamantina située à 5 heures au nord d’ici. Dans cette petite ville Brésilienne, je ferai ma première mission humanitaire pendant environ 2 mois. Cette mission consistera en l’organisation de différents évenements pour des enfants malades avec l’objectif unique de tenter d’améliorer un petit peu leur quotidien. Je pense que je pourrai avoir accès à Internet de temps en temps, je vous donnerai donc plus de détails sur la vie dans ce petit endroit reculé au Brésil et sur le déroulement de ma mission.

 

Je vous souhaite un excellent été (qui est un hiver pas trop rude pour moi, environ 20 degrés de moyenne).

A très bientôt.