70. Rio, a « cidade maravilhosa »

Depuis maintenant environ 15 jours, je suis dans la ville si spéciale pour moi qu’est Rio de Janeiro où je loge avec ma famille Brésilienne et visite un peu les environs. Je partirai en direction de Belo Horizonte dans l’état du Minas Gerais (à 400 Kms dans les terres) le 14 juillet au matin et débuterai ensuite ma première mission humanitaire qui devrait durer environ 2 mois (j’expliquerai les objectifs de cette mission dans une prochaine brève).

 

Rio, ces trois lettres font rêver et permettent de penser automatiquement à son célèbre carnaval, au soleil presque toujours présent, à ses longues plages que sont Copacabana, Ipanema ou encore Leblon, au Corcovado, cette immense statue du Christ bénissant tous les jours les 8 millions de Cariocas (nom donné aux habitants de Rio), à ses équipes de football et la folie populaire qui entoure ce sport avec notamment le stade de Maracaña ayant accueilli jusqu’a 205.000 spectateurs, aux femmes Bresiliennes qui sont probablement les plus belles du monde et bien sûr à la musique qui est dans le sang de tous les cariocas.

 

« Certains pretendent que Rome est la plus belle oeuvre construite de la main de l’homme et que Rio est la plus belle qui soit issue de la main de Dieu ». Mais l’homme a sa part dans cette creation car ils sont faits l’un a l’image de l’autre. Pour ma part, je pense que Rio est, parmi les villes que j’ai pu visiter jusqu’à maintenant, la plus belle et la plus attrayante du monde.

 

De simple port sucrier d’où, au XVIe siècle, toute la production des raffineries de Guanabara partait pour le Portugal, Rio se transforma, 3 siècles plus tard, en 1er centre commercial, culturel et politique du Bresil. Cette influence présida de façon décisive aux destinées du pays. Elle ne résultait pas seulement d’une vocation autoritaire, puisque, de nos jours, où la ville n’a plus le titre de capitale fédérale (Brasilia est la capitale du Bresil), ni celui de principal centre économique (São Paulo est maintenant la principale ville au niveau economique), elle subsiste et s’approfondit. La verite est que Rio continue de donner au pays les modèles de base qui le definissent et, si l’on veut camper la silhouette d’un Bresilien, cet homme aura pour réfèrence le carioca, par son langage, sa musique, son esprit irréverencieux, son ingéniosite et sa joie.

 

Résumer Rio de Janeiro en quelques lignes n’est pas une chose évidente, les principales choses à retenir de cette ville sont les suivantes :

 

Les 3 M : La vie du Carioca tourne autour de 3 lettres M à savoir Mulheres, Musica et Maracaña.

 

Mulheres : La femme est au centre de l’attention de tout Brésilien qui, plus que quiconque sur terre, cherche à toujours séduire. Ainsi, la culture du corps et la façon de s’habiller sont des soucis permanents pour eux. Il est souvent impressionnant de voir un grand nombre de Cariocas faire du sport et développer leur corps sur la plage. Le Brésil est un pays catholique, mais le catholicisme du Brésilien est d’aller se confésser le dimanche et de pêcher le lundi. Et le plus grand pêché du Brésilien est le plus naturel, le plus excusable et le plus agréable de tous, celui de la chair. Cette religiosité permissive a pour origine le mélange ethnique qui caractérise le Brésil. Vu sous cet aspect, ce pays est bien la plus grande et la plus complète démocratie raciale existant sur cette planète.

 

Musica : Tout Carioca, tout Brésilien, trouve en la musique l’aliment, la nourriture de l’esprit. Pas une famille dont un membre, au moins, ne soit capable de jouer de la guitare, l’instrument national par excellence. Chaque samba nouvelle devient un thème de conversation et de débats. A Rio, le compositeur populaire est une idole, tout le monde le reconnaît dans la rue, tout le monde l’encourage et lui rend hommage car ce peuple né pour chanter et danser voit dans ses intérprètes l’expression de ses sentiments les plus chers. Les Cariocas sont uniques, ils embrassent le présent avec une éxubérance quasi-caricaturale. « Tout de suite » est toujours le moment pour voir un ami danser une sambinha (petite samba) nostalgique. Cette spontanéité surprend et séduit les visiteurs venant de sociétés plus rationnelles et moins démonstratives. L’apothéose de la fête de la musique se situe juste avant Mardi gras lors du grand Carnaval où pendant près de 100 heures, personne ne dort et tout le monde danse sur les rythmes de la samba.

 

Maracaña : La seule menace d’une défaite au cours d’un match de championnat provoque des syncopes cardiaques et le désespoir est tel que les plus sensibles se cognent la tête contre les murs. Ainsi s’exprime cette passion fanatique et quasi-générale du Brésilien pour le football. Chez le Carioca, elle atteint son paroxysme. Maracaña est le nom du stade pouvant accueillir le plus de spéctateurs au monde, le record fait état de 205.000 personnes (des contraintes de sécurité ont réduit la capacité d’accueil du stade).

 

Outre ces 3 M qui résument une partie du mode de vie Carioca, Rio est aussi réputée pour sa baie qui fait partie des 7 merveilles

naturelles du monde que l’on peut admirer du haut du Corcovado (voir photo ci-dessous) ou du Pão de Açucar, ce rocher qui donne une vue splendide sur tout Rio.

 

 

 

La plage : Les nombreuses plages dont dispose Rio font partie intégrante de la vie du Carioca qui n’hésite jamais à sortir plus tôt de son travail pour aller prendre son bain quotidien. Il est important de signaler qu’ici l’hiver n’est qu’une formalité (il fait actuellement entre 25 et 30 degrés alors que nous sommes en plein hiver !) et que les plages sont toujours bien remplies (sur la photo ci-dessus, vous pouvez voir la plage de Copacabana sur la gauche).

 

Contrastes : Rio est une ville où se côtoient à la fois la plus grande beauté mais aussi la plus grande laideur. L’écart entre les riches et les pauvres, peut-être plus grand au Brésil qu’ailleurs, la pénurie chronique de logements, de services de santé et d’emplois ont construit une ceinture de pauvreté autour de la ville. Les plus pauvres s’entassent dans les bidonvilles, appelées favelas, où ils construisent des abris de fortune avec de la tôle et du bois. Plusieurs de ces favelas s’accrochent aux pentes de la montagne et sont quelquefois balayées par la boue. La distance qui sépare les riches et les pauvres nourrit la violence urbaine et la criminalité. Les médias se sont saisis des histoires de cars détournés et de touristes à qui on ne laissait que le maillot de bain et ont ainsi poussé beaucoup d’entre eux à tourner le dos à Rio. Une fois de plus, si une vigilance reste nécessaire, il ne faut pas être parano et voir le mal partout, Rio reste une ville dans laquelle on peut se balader sans grand danger (en tout cas le jour…).

Au niveau géographique, Rio est située sur la côte Atlantique, à peu près au milieu de la côte Est du Brésil, à cheval sur le tropique du Capricorne. Rio est bordée par 85 Kms de plages et près d’un tiers de la ville est couvert par la forêt tropicale et les montagnes.

Voilà pour cette petite visite de Rio, la ville merveilleuse (les Brésiliens l’appelle « a cidade maravilhosa »), je vais pour ma part reprendre l’auto-stop dès lundi matin en me positionnant dans la première station essence à la sortie de Rio (en essayant de rester à distance respectable des favelas…) direction Belo Horizonte située à 400 Kms au nord dans les terres dans l’Etat du Minas Gerais (5ème plus grand état du Brésil, plus grand que la France). Sortir de Rio s’annonce comme la difficulté majeure, je vous tiendrai au courant.

 

A bientôt