62. Direction Samba !

Ca y est, 2 mois après avoir débuté la pratique du bateau-stop et après avoir connu de nombreuses péripeties que ce soit à Dakar ou dans les Canaries, c’est sur la petite île de Sal dans l’archipel du Cap-vert que j’ai finalement trouvé (enfin j’espère qu’il n’y aura aucun changement de dernière minute cette fois-ci !) le bateau qui me permettra de traverser l’Atlantique et de me rendre enfin au Brésil. Je suis donc super heureux, mais que ce fût laborieux ! Explications.

 

Voilà maintenant 3 jours que je suis arrivé avec l’Ulysseo (voilier) sur la petite île de Sal au Cap-vert, une petite île aux paysages désertiques habitée par quelques 47.000 personnes (voir photos dans brève précèdente).

 

Sur cette petite île, seuls quelques voiliers sont au mouillage, environ une quinzaine (voir photo ci-dessous) :

 

 

D’après les nombreuses personnes à qui j’ai parlé ces derniers temps de mon aventure, trouver un bateau en partance pour le Brésil d’ici est mission impossible non seulement car la période de l’année n’y est pas propice (les vents pour partir au Brésil sont surtout favorables entre les mois de novembre et février et la zone de « pot au noir » est importante (c’est à dire la zone autour de l’équateur où il n’y a pratiquement pas de vent)) mais aussi car les bateaux souhaitant traverser l’Atlantique s’arrêtent en général au port de Mindelo sur l’île de Sao Vicente au Nord-Ouest de l’archipel. J’étais donc convaincu qu’il me fallait y aller mais avant je souhaitais tout de même aller voir ces quelques voiliers un à un en ramant avec l’annexe de Robert le skipper de l’Ulysseo chez qui je loge toujours pour le moment.

 

Je rame, rame et rame encore pour aller demander la destination de tous ces voiliers et les réponses se rejoignent une fois de plus toutes « Ce n’est pas la saison pour partir au Brésil, tu auras beaucoup de mal à trouver quelqu’un, reviens au mois de novembre, tu trouveras plus facilement. Nous, nous partons à Madeire (ou Açores, ou Dakar ou ils restent au Cap-vert plusieurs mois selon les cas). Désolé de ne pas pouvoir t’aider. »

 

Les réponses négatives se succèdent mais je veux jouer ma chance jusqu’au bout et demander à tous les bateaux d’ici avant de quitter l’île et d’aller sur Mindelo pour avoir d’autres opportunités. Puis, miracle, Alain, skipper d’un joli voilier de 11 mètres me dit « Nous comptons partir sur Salvador da Bahia au Brésil dans 3 semaines, reviens ce soir, nous pourrons mieux discuter ». Le soir venu, je rencontre Alain et Marie-Claude, un couple de français très sympa (il y a beaucoup de voiliers français par ici) et nous discutons, ils me disent après une quinzaine de minutes de discussion « Nous sommes actuellement 3 à bord, il y a Marie-Claude mon épouse, moi-même et une équipière. Cette équipière s’appelant Chantal a été recrutée par petite annonce en France, elle est avec nous depuis 2 mois mais ne se sent pas bien, elle est dépressive (décidemment, une de plus !), elle a voulu quitter la France pour fuir ses problèmes mais quand on a des problèmes, on les emmène toujours avec soi (j’ai vu cette dame par la suite, elle ne semblait effectivement pas très bien). Chantal va retourner en France dans les prochains jours et nous devons la remplacer, tu arrives donc à point nommé. Si tu veux venir avec nous, ton rôle sera de me donner un coup de main dans les différentes choses à faire sur le bateau et si tu veux bien, me donner quelques cours d’informatique car j’ai 60 ans, je viens d’acheter un portable et je veux apprendre à m’en servir, tu participeras aussi aux frais de nourriture. Ça te va ? ». Impeccable, marché conclu, ce couple m’a l’air très bien, bien mieux que Paul et Maryse du « Balou ». De plus, je suis content de voir que pour une fois ils ont presque plus besoin de moi que moi j’ai besoin d’eux ce qui est très rarement le cas !

 

Le programme est donc le suivant : Nous partirons cette semaine faire un tour pendant 3 semaines des îles Sous-le-vent du Cap-vert (voir carte ci-dessous) puis nous traverserons l’Atlantique et rejoindrons Salvador da Bahia vers mi-juin, la traversée devant durer entre 2 et 3 semaines. Embarquement prévu mercredi.

 

Je suis donc super heureux mais l’experience passée avec le « Balou » m’a rappelé qu’il ne fallait pas s’emballer et crier victoire avant le vrai départ. Je reste donc méfiant mais à priori tout devrait bien se passer. La suite des aventures très bientôt.

 

Pour situer les îles du Cap-vert, elles sont au large du Sénégal (entre 450 et 880 kms selon les îles), voici les 10 îles qui composent l’archipel :