42. Retour à la case départ

Nous sommes aujourd’hui le 17 mars, cela fait environ 1 mois que je suis à Dakar en quête d’un bateau pour le Brésil et je suis de retour au point 0. En effet, aujourd’hui, 2 nouvelles réponses négatives (du Doulos et du Wiking) sont venues s’ajouter à la longue liste des refus que j’ai reçu depuis 1 mois.Explications.

 

– Le Doulos est un bateau très spécial, ce bateau est un bateau-librairie parcourant le monde afin de vendre des livres (souvent religieux) aux populations du monde entier. 350 volontaires venus de 47 nations différentes se sont engagés sur 2 ans afin de parcourir le monde mais surtout de servir Dieu. Oui, les volontaires sur ce bateau ont la particularité d’être tous des chrétiens très pratiquants et des « enfants de Dieu » (selon leur mots). La prochaine éscale du Doulos est à Las Palmas aux Canaries, un endroit où j’aimerais aller car de là-bas, il me serait bien plus facile de trouver un bateau partant vers l’Amérique du sud (les « Européens » y font souvent escale avant de repartir vers le Brésil). Malheureusement, après de nombreuses négocations ou plutôt insistances de ma part (j’ai vraiment tout tenté), la réponse est négative une fois de plus pour des raisons de sécurité…La réponse finale qui m’a été donnée fût « Désolé, nous ne pouvons pas t’aider mais Dieu est grand, lui il t’aidera, j’en suis sûr »…

 

–  Le Wiking est un bateau de marchandises partant aujourd’hui sur le Brésil. Comme prévu, j’ai rencontré le capitaine mais la réponse négative fût très prévisible d’autant plus que l’armateur m’avait déjà répondu négativement…j’ai tout de même tenté, on ne sait jamais.

 

Les affaires ne vont donc pas très bien pour le bateau-stop, la plupart des réponses ressemblent à « Vous savez Mr Hubler, nous ne pouvons prendre de tels risques, votre projet est certes intéressant mais imaginez une seconde, vous pouvez faire une crise de Paludisme au milieu de l’Océan, nous ne vous connaissons pas, vous pouvez vous casser une jambe à bord, tombé dans l’eau…il y a des millions d’Euros en jeu et nous ne souhaitons pas prendre le moindre risque juste pour faire plaisir que ce soit à vous ou aux enfants » (les enfants du CHU dont je suis le « parrain » et les professeurs ont écrit des mots afin d’influencer la décision finale mais cela n’a, pour le moment, pas joué en ma faveur). Il faut savoir que les risques dont ces armateurs ou capitaines parlent peuvent être assurés sans problèmes mais ils veulent respecter leur politiques qui est de ne pas prendre de passager à bord (il existe tout de même certaines compagnies qui acceptent d’en prendre mais ceci est consideré comme une croisière et coûte 100 dollars par jour, ce que je refuse bien sûr de payer).

 

Voilà où j’en suis maintenant, je ne vous cacherai pas que j’arrive progressivement à bout d’idées car aucun voilier partant sur le Brésil ne se présente à l’horizon, les contacts que j’ai pris pour l’avion-stop (avions privés) m’ont tous répondu qu’ils ne comptaient pas partir sur le Cap-vert ou les Canaries dans les prochains mois et les bateaux de marchandises semblent unanimes sur le refus de passager à bord.

 

Cependant, je suis bien loin de me décourager, le prochain bateau de marchandises partant sur le Brésil ne part que le 29 mars, j’ai écrit un mail à l’armateur aujourd’hui, je vais l’appeler très bientôt (il est basé en allemagne) et mettre toutes mes forces dans la bataille afin de lui faire accepter de me prendre à bord. Les prochaines choses que je vais faire sont donc : 

–  Insistance auprès de l’armateur pour le bateau du 29 mars. 
–  Tenter l’avion-stop auprès des avions commerciaux, je doute que cela puisse marcher mais sait-on jamais, qui ne tente rien n’a rien… 
–  Ecrire à celle qui m’a precedé dans mon projet pédagogique : Ellen Mac Arthur, elle ne pourra peut-être rien faire mais son soutien peut être important, elle est au courant de mon projet. 
–  Chercher d’autres bateaux susceptibles de partir sur le Cap-vert ou les Canaries.

 

Si rien de tout ça ne devait marcher, peut-être que je partirai vers l’Afrique du Sud en auto-stop et tenter ma chance là-bas. Partir dans l’autre sens comme me l’ont suggeré certains ne me paraît pas très sage au vu de l’imminence de la guerre dans le Moyen-Orient.

 

A part ceci, le moral et la santé restent bons, j’ai profité du week-end pour aller au lac Rose, une vraie merveille de la nature que j’expliquerai dans une prochaine brève, je suis allé au concert de Youssou N’Dour, la grande star locale et j’ai fait une intervention d’une heure et demie dans un cours d’histoire-géo dans un collège français de Dakar.

 

J’éspère que les prochaines nouvelles seront meilleures.

A bientôt.