37. Correspondances bateau-stop : Les choses se compliquent

Comme je vous l’ai dit hier, il m’est indispensable de passer par les diréctions générales en Europe afin d’avoir l’autorisation d’embarquer sur le navire pour aller au Brésil.

 

Le prochain navire pour le Brésil partant demain, j’ai donc contacté l’entreprise MSC pour embarquer. Voici ma lettre et les réponses :

 

Cher Monsieur Garguilo,

 

Avant toute chose, je tiens à me présenter. Je m’appelle Ludovic Hubler, j’ai 25 ans et je viens de terminer l’IECS, l’Ecole supérieure de commerce de Strasbourg (France) au mois de juin 2002. Depuis le 1er janvier 2003, je me suis lancé dans la réalisation d’un triple projet qui constitue l’achèvement d’un rêve d’enfant. En effet, la base de ce projet est la réalisation d’un tour du monde en utilisant l’auto-stop et le bateau-stop comme seuls moyens de transport accompagné de 2 missions humanitaires (Brésil et Viêt-Nam) et d’un projet pédagogique en collaboration avec l’hôpital de Strasbourg- Hautepierre (je suis parrain d’une trentaine d’enfants victimes de Cancer et de Leucémie et j’essaie de les faire vivre mon voyage par procuration). Pour davantage d’informations sur ce projet, vous pouvez visiter mon site à l’adresse suivante : www.ludovichubler.com.

 

Si je me permets de vous écrire aujourd’hui, c’est pour vous faire part de mes difficultés actuelles et éventuellement obtenir un soutien de votre part qui me serait très appréciable. En effet, je suis depuis maintenant près de 20 jours à Dakar au Sénégal afin de tenter cette discipline tout à fait nouvelle pour moi qu’est le bateau-stop qui me permettra de me rendre à Rio de Janeiro au Brésil.

Rapidement après être arrivé ici, je me suis rendu compte que le bateau-stop n’allait pas être une partie de plaisir mais je ne souhaite pas me décourager non seulement car je souhaite aller au bout de mon projet mais aussi parce que tous les enfants malades vivent mon aventure à fond et je ne veux pas les décevoir.

 

Jeudi dernier, le bateau MSC Manaus (que j’attendais depuis 6 jours) est arrivé au port de Dakar, je suis alors parti à la rencontre du capitaine lui expliquant mon projet et lui disant que je souhaiterais embarquer sur le navire et travailler à son bord afin de « payer » la traversée. Malheureusement, le capitaine m’a expliqué que ce genre de choses se faisait beaucoup dans le passé mais plus actuellement et qu’une assurance spéciale (« deviation insurance ») était nécessaire. Il a tout de même tenté en appelant le propriétaire du bateau mais la réponse fût négative.

 

D’après mes renseignements, je crois savoir que vous pourriez être en position de me donner quelques contacts, conseils voire un coup de main pour m’aider dans cet objectif de traverser l’Atlantique en bateau (d’après mes renseignements, le prochain bateau quittant Dakar pour Rio serait demain mardi 11 mars 2003). Je suis prêt à payer l’assurance mais je ne sais pas vraiment comment me la procurer.

 

Je vous remercie très sincèrement de bien vouloir prendre ma demande en considération et vous suis très reconnaissant pour votre aide.

 

Veuillez agréer, Monsieur Garguilo, l’assurance de mes respectueuses salutations.

Ludovic Hubler

 

La première réponse de ce Monsieur fût « regret we cannot assist.tks ». Cette réponse ne m’a pas convaincu, j’ai alors passé une partie de l’après-midi à chercher d’autres adresses e-mail jusqu’à trouver celle du PDG de MSC (qui fait partie des plus importantes société de shipping du monde). Malheureusement, la réponse, d’une autre personne (probablement la secrétaire du PDG) fût la suivante :

 

Monsieur Hubler,

 

Votre insistance pour parvenir à vos fins vous honore et aura eu le mérite de porter le débât jusqu’au sommet de la hiérarchie de notre société.

 

Cependant, la réponse finale n’a pas varié et vous ne serez pas autorisé à embarquer sur nos navires.

 

Les contraintes sécuritaires imposées aux exploitants maritimes se sont radicalement renforcées depuis les attentats térroristes de septembre 2001.

 

De plus, les navires que nous opérons sur l’Afrique de l’Ouest ne sont pas propriété de MSC SA, nous aurions besoin de l’accord de l’armateur pour vous faire monter à bord. Or les armateurs avec qui nous travaillons n’entrent même pas en matière dans ce genre de situations.

 

Nous sommes désolés de ne pouvoir vous aider, mais peut-être aurez vous plus de chances en contactant des structures plus petites que la nôtre.

 

Sincères salutations

 

Outre les navires MSC et Grimaldi (qui ont tous les deux pris des positions claires), le prochain navire pour le Brésil sera le 17 mars…Je vais faire le maximum pour les convaincre…