34. Ce n’est pas gagné !

Nous sommes aujourd’hui le 6 mars, c’était aujourd’hui le jour J pour les 2 bateaux en partance pour le Brésil et beaucoup d’espoir reposait sur ces bateaux affrêtés par MSC et Getma.

 

Dès 8h30, j’apprends que le bateau affrêté par Getma a pris du retard à Las Palmas (canaries) et n’arrivera que demain 7 mars à 20h pour partir le 8 dans la journée.

 

Je me dis alors que ce n’est pas plus mal, je peux en effet me conscrer entièrement au bateau affrêté par MSC.

 

Comme prévu, le MSC Manaus allant directement de Dakar à Rio de Janeiro arrive dans le port à 10h00 (la traversée directe doit prendre 7 jours). Ne voulant pas précipiter les choses afin de laisser le capitaine arriver tranquillement, je ne vais le voir que vers 13h00. Après quelques embûches mineures, me voilà devant lui, ce moment que j’attendais tant, j’ai l’impression de me retrouver devant un futur employeur dans un entretien d’embauche. Pour l’occasion, j’avais sorti la chemise, je m’étais fait cirer les chaussures (les cireurs de chaussures sont à tous les coins de rue à toujours demander du travail), je m’étais bien rasé, bien coiffé…j’avais mis toutes les chances de mon côté.

 

Je m’adresse alors à lui « Bonjour Mr le Capitaine, puis-je vous parler quelques minutes ? »(le capitaine ne parlant qu’Anglais et Allemand, la discussion se fît en Anglais). « Bien sûr, que puis-je pour vous jeune homme ? » me rétorque t-il. Je commence alors à lui expliquer mon projet de A à Z avec plus de conviction et de coeur que jamais en essayant de jouer sur ses sentiments. A la fin de ma présentation, je lui demande si je peux venir à bord de son navire afin de me rendre à Rio lui disant que je suis prêt à travailler à bord du bâteau afin de « payer » mon trajet.

 

Le capitaine à peine surpris de ma démarche me dit « Jeune homme, ce genre de choses se faisaient effectivement fréquemment dans le passé mais c’est maintenant beaucoup plus difficile, les armateurs ne voulant plus prendre le moindre risque. Je suis désolé Ludovic, je ne peux rien pour vous, le propriétaire du bateau interdit tout passager à bord. De plus, pour traverser dans un navire comme le nôtre, il vous faut une assurance deviation (« deviation insurance », cette assurance couvre l’armateur au cas où je devais avoir un problème nécessitant un changement de cap du navire pour me laisser au port le plus proche qui se traduit en une grosse perte d’argent pour l’armateur. Chaque journée de perdue pour un gros navire comme le MSC Manaus coûte, selon lui, 12000 dollars). Cette assurance ne peut s’obtenir en quelques minutes, il faut au moins une semaine, elle doit être faite par la compagnie d’assurance de l’armateur. »

 

J’insiste alors, donne tous arguments possibles et imaginables et le capitaine (tout de même complaisant et cherchant à m’aider) appelle le propriétaire qui refuse catégoriquement de me prendre sur son bateau malgré, croyez-moi, une négociation acharnée (avec entre autres envois de copies de la plaquette et de mon passeport par fax…). La principale raison de son refus est mon défaut d’assurance déviation qui était, effectivement, impossible à avoir dans la journée. Le bateau partant peu après, je n’ai rien pu faire d’autres…

 

Je suis un peu déçu mais je ne peux m’en prendre qu’à moi-même, j’aurais dû contacter le propriétaire du bateau avant (il est basé en Allemagne) et m’occuper de cette assurance très spéciale impossible (enfin je crois) à obtenir dans un bureau de Dakar.

Je n’ai, volontairement (afin de laisser la place à l’aventure), rien préparé pour le bateau-stop avant de partir, ça m’aurait facilité la tâche mais je ne me décourage pas, je garde tous ces enseignements en tête et j’éspère que demain le bateau affrêté par Getma sera moins exigeant…

 

Si demain, le bateau-stop ne devait pas marcher, je préparerai alors beaucoup mieux l’arrivée du prochain navire qui sera….le 11 mars. Quand je dis préparer, je prendrai contact avec la direction en Europe et ferai ce qu’il faut pour l’assurance.

Si cette solution ne marche toujours pas, j’aviserai alors et tenterai le plan B (avion-stop, passage par Cap-vert ou Canaries ou autres…). Il est dans tous les cas impossible que je paye l’avion…même si je dois attendre plusieurs semaines (je compte bien partir prochainement tout de même, les sons de la samba du Carnaval de Rio m’appellent…).

 

A part ça, tout va bien, j’essaie d’être patient, perséverant et suis convaincu que même si ce bateau-stop prend du temps, je partirai bien d’ici à un moment ou l’autre…de toute façon, le Sénégal est bien sympa et je n’ai pas le temps de m’ennuyer…