28. Troisième Journée de Bateau-Stop

Nouvelle journée de bateau-stop aujourd’hui qui a bien mal commencé car le gros espoir que je fondais sur ce Mr Dieng qui m’avait été recommandé par le directeur de la commanderie s’est vite envolé. »Je ne peux rien faire pour vous, les seuls capables de prendre des décisions pour ce genre de choses sont les armateurs et pour les contacter il faut passer par les consignataires, il y en a une cinquentaine » me dit-il.

 

Bon, et bien, qu’ai je fait ? J’ai passé ma journée entière à téléphoner et aller de bureaux en bureaux (j’ai été dans exactement 17 bureaux !) afin de rencontrer les consignataires qui ont pu me renseigner sur les fréquences des départs de bateaux de Dakar vers le Brésil. Résultat des courses ? Il n’y a en général qu’un a deux bateaux par semaine allant de Dakar au Brésil (parfois par voie directe, parfois avec des arrêts dans divers ports d’Afrique). Le principal armateur s’appelle Grimaldi, il représente environ 75% des bateaux allant vers l’Amérique du Sud. J’ai donc pris contact avec Grimaldi de façon à rencontrer le responsable. Une fois que je l’avais devant moi, je lui ai expliqué tout le projet (il ne parlait qu’Anglais), je lui ai même montré mes articles de presse (dont articles parus au Sénégal pour appuyer ma candidature) mais rien à faire, la politique de l’entreprise interdit tout membre non marin à bord du bateau.

 

Déçu mais pas abattu, je me suis alors rendu au ministère de la marine marchande puis ai parlé avec le responsable des transports maritimes. J’ai cherché à savoir 2 choses, est-ce que légalement, je peux faire du bateau-stop (de nombreuses personnes ont prétendu que non) et est-ce qu’il pourrait faire quelque chose pour que j’ai le statut de marin (genre papier spécial ou autre). Résultat : on peut embarquer sur un bateau de marchandises sous 2 formes :

 

1) Marin : Selon lui « on ne devient pas marin du jour au lendemain », il est donc imposible de me faire passer pour un marin, il refusa de me faire une autorisation exceptionnelle.

 

2) Simple passager inscrit sur une liste que détiendra le capitaine du bateau. Je pourrai alors tout de même offrir mes services gratuitement pour toutes sortes de travail.

 

Il est donc tout à fait légal de faire du bateau-stop ce qui m’a rassuré.

 

Sachant cette donnée nouvelle, je suis retourné voir le responsable de Grimaldi qui m’a confirmé son refus me disant une nouvelle fois que la politique de la société n’autorisait pas de passager non marin (je sais, je suis têtu).

 

A ce moment, je fais un bilan :

 

Bateaux de croisière : impossible, il n’y en a pas à Dakar

 

Voiliers : Les vents ne sont presque plus favorables donc peu de chance, je retournerai tout de même au Club de voile demain pour voir si il y a du nouveau.

 

Yachts : Semble t-il pas de yachts à Dakar mais ça me semble bizarre, je creuserai un peu plus cette piste.

 

Bateaux de marchandises : Grimaldi m’ayant dit non, je me suis tourné vers les autres consignataires allant au Brésil (il n’y en a que 2). Le prochain bateau non-Grimaldi part le 04 mars de Dakar, j’ai vu le consignataire, il m’a dit de revenir le 2 mars car il ne peut joindre l’armateur pour le moment…j’ai mis la pression, je garde donc cette possibilité sous le coude.

Je vie sans aucun doute la partie la plus difficile depuis le début de mon tour mais je m’attendais à ce que le bateau-stop ne soit pas une partie de plaisir. Je garde bon espoir, je suis convaincu que « when there is a will, there is a way » (quand il y a une volonté, il y a un chemin), je finirai donc par trouver une solution même si ça doit prendre un mois. Pour le logement, les employés de la capitainerie font tout pour m’aider, ils m’ont d’ailleurs proposer des logements si l’attente devait se prolonger, sympa ! J’éspère que j’aurai de meilleures nouvelles demain. Bonne soirée.

 

Pour l’info, la traversée de l’Atlantique en Voiliers prendrait entre 3 et 4 semaines. En bateau de marchandises, elle prendrait 7 à 8 jours si le trajet est direct ce qui est rarement le cas.