12. Un an déjà

Buenas tardes para todos,

 

Il y a un an tout juste, je quittais ma famille, mes amis et tout ce qui constituait ma vie de sédentaire (appartement, voiture, clefs, agenda…) pour me retrouver seul, tout seul, prêt à partir sur les routes du monde.

 

Durant cette 1ère année passée le pouce tendu au bord des routes Européennes, Africaines et Sud-américaines, j’ai tenté, à travers mon site web et mes newsletters, de partager un petit peu avec vous de la réalisation de mon rêve et de ce défi qui consiste a boucler la grande boucle en stop sans dépenser le moindre frais de transport.

Cette newsletter envoyée aujourd’hui est un peu spéciale car contrairement aux autres, elle n’a pas pour objectif de résumer la dernière étape de mon tour du monde mais plutôt de répondre à certaines questions fréquemment posées et faire un premier bilan 1 an après le départ…Je vais donc aborder différents thèmes les uns après les autres :

 

Equipement : « Ludo, on ne voit jamais ton sac sur les photos, tu n’en as pas ? » me demandait récemment un lecteur de mon site. Il est vrai que je ne l’ai pas beaucoup montré sur les photos, je vous présente donc mon ou plutôt mes 2 plus fidèles compagnons de voyage. Sur la photo ci-dessous prise au Brésil, je n’ai pas ma veste que je garde en général toujours avec moi, sinon vous pouvez avoir un aperçu du matériel transporté…

 

 

Le petit sac devant contient mes papiers, mon book media et mes appareils électroniques, je le garde toujours avec moi, même quand je rentre dans une voiture. L’autre sac que je porte sur le dos contient mes vêtements (que je dois laver en général tous les 8-10 jours), ma trousse de survie, mes produits d’entretien, mon sac de couchage et quelques matériaux utiles (couteau suisse…). Chaque chose que je transporte dans mon sac est très utile, il n’y a rien de superflu.


 

Logement : Les endroits où j’ai dormi ces derniers mois furent aussi divers que variés. Si de nombreuses nuits furent passées dans des camions, sous ma tente (laissée finalement a Rio car trop lourde), dans des stations-service, dans des parcs municipaux ou dans des auberges de jeunesse, la majorité du temps, j’eu la chance d’être invité à dormir. Parfois chez des gens me prenant en stop, parfois chez des connaissances d’avant tour ou parfois chez des internautes après avoir reçu un message de ce style « Bonjour Ludovic, nous avons pris connaissance de ton projet par ton site (ou par les médias ou encore par le transfert de ma newsletter écrite en Français et en Anglais), nous habitons en Nouvelle-Zélande (ou ailleurs) et si tu souhaites venir chez nous 2 ou 3 jours lors de ton passage, ce serait avec plaisir que nous t’accueillerions… ». Sympa.


Durée du tour : « Ludo, je croyais que ton tour allait durer 2 ans, à voir où tu en es, il t’en faudra plus, non ?… » Oui, il est vrai que j’ai pris tout mon temps durant cette année et ce tour du monde est tout sauf une course de vitesse. Comme je l’avais indiqué dès le départ, je n’ai pas souhaité avoir de contrainte de temps, la date de retour en France reste donc parfaitement inconnue. En étant réaliste, 2 ans supplémentaires me paraissent nécessaires pour boucler la grande boucle. L’argent ne doit pas être un frein et ferai de petits boulots pour financer si les ressources devaient s’épuiser. De nombreuses personnes m’ont également demandé si un retour à la vie « normale » sera possible par la suite après une expérience comme la mienne. Entre nous, je n’en ai aucune idée, une réponse claire est donc impossible, je peux cependant vous dire qu’un an après mon départ de France, je ne me sens absolument pas déconnecté du monde réel et pourrais, s’il le fallait, reprendre une activité « normale » dès demain matin.


Budget : Un grand merci à la force actuelle de l’Euro, un tour du monde est de ce fait très abordable pour tout Européen déterminé.

Pour être tout a fait honnête, mon tour du monde coûte moins cher que ce que je pensais au départ. Mon budget initial prévu sur 2 ans pourra probablement se tenir sur 3 ans, peut-être un peu plus. Pour être plus précis :

 

Côté dépenses : Outre l’assurance (655 Euros par an), les vaccins (450 Euros avant le départ), l’équipement (appareil photo…), les visas (qui me coûteront au total environ 600 Euros) et les « faux frais » (entrée parcs nationaux, souvenirs…), mon budget quotidien est d’environ 11 Euros par jour (nourriture, logement, cyber cafés). Les moyens de paiement principallement utilisés furent la carte bleue internationale en Amérique du Sud et les traveller chèques en Afrique. Avoir des Euros ou des Dollars US en liquide permet certes d’avoir de meilleur taux de change mais reste très risqué.

Côté recettes : Outre l’argent de mes partenaires reçu avant le départ et mes économies personnelles, certaines petites recettes sont venues s’ajouter ces derniers mois. En effet, la rédaction d’articles, la présentation de mon projet dans quelques alliances françaises et lycées français ainsi que mon travail d’un mois à Ushuaïa ont permis de faire rentrer un petit peu d’argent.


Internet : Internet est formidable et rend mon tour du monde plus facile. En effet, outre le fait qu’il me permet de garder un contact régulier avec mes proches, de me tenir informé de l’actualité internationale et de partager mon aventure, Internet m’a aussi beaucoup aidé notamment dans mes recherches de bateau pour traverser l’Atlantique ou aller en Antarctique. La connexion se fait dans des cyber-cafés, le prix de l’heure varie de 1 peso Argentin dans certains coins de Buenos Aires (environ 0,30 cents d’Euro) à 4 Euros l’heure au Cap-vert.


Médias : Médiatiser son projet n’est pas obligatoire mais devient rapidement essentiel lorsque l’aventure est sponsorisée comme la mienne. De plus, être médiatisé donne de la crédibilité et m’a aidé dans de nombreuses situations (sortir de prison au Sénégal, trouver un bateau pour aller en Antarctique…). La médiatisation de mon aventure est allée en fait bien au-delà de mes espérances : Plus de 100 articles parus en France et à travers les pays traversés et de nombreuses invitations dans des émissions radio ou TV m’ont permis de faire connaître le projet.

 

Si 2 évènements médiatiques devaient être retenus, je choisirais l’invitation de Laurent Ruquier dans son émission « On va s’gêner » sur Europe 1 le 4 mars dernier et surtout celle de Jô Soares sur TV Globo au Brésil dans sa très célèbre émission « Programa do Jô » le 13 octobre dernier (émission réalisée intégralement en Portugais devant 5 millions de téléspectateurs, voir photo ci-dessous).

 


Vidéo – Photo : Si je devais noter une déception de cette année 2003, elle viendrait de là. Je vous avais parlé l’année dernière du contrat me liant avec un producteur pour la réalisation d’un film sur mon tour du monde en stop. Malheureusement, ce film est compromis car j’ai joué de malchance avec mon caméscope. Cassé d’abord en Afrique (où la réparation fût chose impossible) puis en Amérique du Sud avant finalement d’être volé (avec 2 cassettes) à Ushuaïa, il me manque de nombreuses images…J’ai acheté un nouvel appareil, j’espère être davantage chanceux avec celui là…

 

Niveau photo, plus de 2000 furent prises pendant ces 12 mois, les 2 ayant eu le plus de succès auprès des journalistes furent les suivantes (prises dans le désert Mauritanien) :

 

 

 

 


Mission humanitaire : Dans une précédente newsletter, je vous avais parlé de ma première mission effectuée à Itamarandiba, petite ville dans l’intérieur du Brésil. Une des activités exercée durant cette mission fût la participation avec un groupe de 6 personnes au projet « Banco Real ». Cette importante banque Brésilienne organise chaque année un concours national destiné aux villages Brésiliens et dont l’objectif est d’améliorer leur situation de vie. Notre projet appellé « Semear » (Semer en francais) visait l’amélioration des conditions de vie et d’apprentissage des 6 crèches de la région. Grande nouvelle, notre projet est finalement sorti vainqueur national, les crèches de la région seront donc en grande partie refaites et du matériel pédagogique sera enfin accessible pour les enfants de la région. Un projet de plus de 25.000 Euros (ce qui est énorme par rapport au coût de la vie local). Une grande joie.


Projet pédagogique : Le projet pédagogique en collaboration avec les enfants du CHU Strasbourg-Hautepierre continue. Les enfants internés semblent apprécier ce voyage par procuration que je leur propose et les professeurs utilisent mon aventure comme support de cours. De l’histoire à la géographie en passant par les mathématiques (calcul de distances, temps moyen…), le français (écriture de poèmes, diverses textes en rapport ave le monde…), l’informatique (recherche sur Internet d’informations concernant le pays où je me trouve), la cuisine (préparations de plats typiques, dernier exemple en date les empanadas et le dulce de leche lors de mon séjour Argentin) ou encore les arts plastiques (par exemple, dessins de voilier lors de ma traversée de l’Atlantique ou de pingouins lors de mon séjour en Antarctique…), le tour par procuration peut être utilisé à de nombreuses sauces…


Être seul : Une des grandes interrogations avant mon départ était ma faculté à pouvoir rester une si longue période seul. Partir seul a ses avantages et ses inconvénients. Personnellement, je suis très heureux d’avoir choisi cette option car je suis ainsi beaucoup plus ouvert à l’échange et me mélange plus facilement aux cultures des pays visités. De plus, le 4X4-stop pour traverser le Sahara, le voilier-stop pour l’Atlantique et le brise-glace stop pour l’Antarctique auraient été beaucoup plus difficile à deux voire tout simplement impossible. La solitude se passe quant à elle très bien étant donné qu’il n’est pas difficile de rencontrer des gens quand on voyage…surtout en stop.


Suite du tour : L’année 2003 m’a fait parcourir 31.500 Kms en stop mais ne fût qu’un entraînement car je reste tout à fait conscient que les principales difficultés de ce tour ne sont pas derrières mais bien devant moi. En effet, l’année 2004 me réservera notamment 2 belles difficultés :

 

Le désormais très proche « Darien Gap » : Ce passage de 200 Kms de jungle venant couper la liaison Amérique du Sud – Amérique Centrale entre la Colombie et Panama a très mauvaise réputation car contrôlé par les Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes (FARC). Un détour en bateau sera chose inévitable, je donnerai plus de détail dans ma prochaine newsletter qui sera envoyée début février.

– La traversée du Pacifique en bateau-stop : Sans aucun doute, la partie la plus difficile de mon tour du monde. L’objectif sera de partir de San Francisco pour rejoindre l’Australie…La traversée de l’Atlantique a pris au total 2 mois et demi entre la recherche de bateau et la traversée, celle du Pacifique en prendra probablement plus….Nous aurons l’occasion d’en reparler…


J’espère que vous prenez plaisir à suivre mon aventure autour du monde et que cette newsletter ne fût pas trop longue. Les autres resteront plus courtes, c’est promis.

 

Je tiens à vous souhaiter une excellente année 2004 en ésperant qu’elle sera remplie de joies et satisfactions dans tous les domaines (Photo ci-dessous prise en Antarctique).

 

A bientôt.

Ludo