z109. Direction Panama

Lors de ma dernière brève, je vous expliquais la difficulté face à laquelle se retrouvent les routards souhaitant se rendre d’Amérique du Sud en Amérique Centrale. Le fameux « Darien gap » ne me permettant de continuer mon chemin par la route, il m’est donc indispensable de reprendre le bateau-stop afin de rejoindre Panama.

 

Pour ce faire, j’ai privilégié la piste voiliers non seulement car c’est la plus facile mais aussi car les bateaux de marchandises partent en général de Barranquilla et non de Cartagène, ville où je suis actuellement.

 

Pour ceux qui suivent mon aventure depuis déjà un bon moment, vous saurez que la principale difficulté de ce tour n’est pas dans la recherche de voitures, même si il y a parfois des moments difficiles, mais bien de bateaux. Souvenez-vous : plus de 2 mois avant de pouvoir traverser l’Atlantique, plus d’un mois avant de pouvoir rejoindre le continent Antarctique, combien de temps pour pouvoir rejoindre Panama et ainsi passer le « Darien gap » ?

 

Réponse : Quelques heures seulement. Explications.

 

Première étape de la recherche de bateau : Me rendre au club nautique de Cartagène pour connaître la fréquence et le nombre de bateaux partant sur Panama. Comme je vous l’ai expliqué dans ma précédente brève, trouver un bateau n’est pas le plus dur d’ici, la difficulté est de trouver en respectant mon challenge de ne pas payer le moindre frais de transport et de pouvoir travailler à bord car le trajet Cartagène-Panama est maintenant devenu un véritable business et le trajet est payant sur beaucoup de bateaux.

Ici la marina de Cartagène qui regroupe une cinquantaine de voiliers :

 

 

Ici, quelques bateaux restant au mouillage, je n’ai pas eu besoin d’aller les voir :

 

 

Afin de réussir dans mon entreprise, je suis allé voir les skippers les uns après les autres leur expliquant mon projet et leur demandant bien entendu s’il serait possible de travailler à bord du bateau pour rejoindre Panama et ainsi respecter la règle de non-paiement établie.

 

 

En quelques heures, j’ai donc parlé avec de nombreux skippers. Tout d’abord, un poste d’équipier m’a été proposé sur ce superbe catamaran mais allant malheureusement vers le Brésil, donc dans l’autre sens :

 

 

Puis un autre m’a proposé d’aller jusqu’à Cuba en étant équipier mais ce n’était pas mon désir malgré l’intérêt de cette île. Enfin, ce petit bateau Norvégien avec à son bord un couple d’une trentaine d’années (Morten et Leana, voir photo ci-dessous) m’accepte à son bord, je paierai bien entendu la nourriture et travaillerai en tant qu’équipier durant le temps de la traversée. De plus, traverser le canal de Panama doit se faire avec 4 personnes minimum à bord (pour tenir les cordes), ma présence leur permettra d’économiser l’embauche d’une personne.

 

Le bateau n’est certes pas très grand (9,2 mètres) mais suffisamment spacieux pour accueillir 4 personnes.

 

 

Morten et Leana, couple de Norvégiens faisant le tour du monde en voilier pendant 3 ans me prendront à bord de leur bateau. Ils parlent tous les deux Anglais parfaitement comme la grande majorité des Norvégiens.

 

 

Le départ est prévu dès ce soir. Environ 36 heures seront nécessaires avant d’arriver sur les îles de San Blas où nous ferons un arrêt d’environ une semaine à 10 jours. Ces îles sont notamment connues pour le peuple indigène Kuna y habitant et étant coupé de toute civilisation. Ensuite, il faudra environ 2 jours de navigation pour arriver à Panama d’où nous traverserons le fameux canal. Je vous raconterai tout cela à mon retour.

 

A très bientôt.

Ludo