09. En route vers le Grand Sud

Bom día para todos, Tudo bém ?

Lors de ma dernière newsletter envoyée avant l’été (qui fût un hiver pour moi étant dans l’hémisphère sud), je vous avais raconté ma traversée de l’Atlantique en « voilier-stop », discipline tout à fait nouvelle pour moi qui avait duré au total (recherche du bateau + traversée) plus de 2 mois et demi et qui s’était terminée dans la ville de Récife dans le Nord-Est du Brésil. Je m’apprêtais alors à débuter un nouvel épisode de mon aventure : l’auto-stop version Brésil…

 

L’auto-stop au Brésil

 

Si l’auto-stop en Europe et en Afrique s’étaient déroulés sans réelles difficultés avec des temps d’attente relativement réduits, l’auto-stop au Brésil s’est averé jusqu’à maintenant plus difficile mais reste parfaitement faisable.

 

Fidèle à ma technique de la station-essence, qui consiste à aller discuter avec les chauffeurs faisant leur plein d’essence et leur demander s’ils vont dans la direction souhaitée puis s’ils peuvent m’emmener dans une autre station plus lointaine, j’ai parcouru environ 5000 Kms sur les terres Brésiliennes. Si en Europe et en Afrique, mes temps d’attente n’excédaient souvent pas les 2 heures, les choses furent bien différentes ici au point de battre mon record d’attente : 28 heures dans une station de la petite ville de Linhares (Etat de l’Espirito Santo).

 

Ces difficultés sont dues à 3 raisons principales :

 

Le faible nombre de voitures parcourant de longues distances : Le Brésil est un très grand pays (5ème plus grand du monde après la Russie, le Canada, la Chine et les Etats-Unis, faisant 16 fois la taille de la France). Les longues distances séparant les grandes villes et la qualité moyenne des routes (voir photo ci-dessous) découragent de nombreux automobilistes, je me tournai donc principalement vers le camion-stop.

 

– « Proibido carona » : Pour raisons de sécurité, de nombreuses entreprises de transport interdisent à leur chauffeur de prendre des auto-stoppeurs (voir photos ci-dessous de l’affichage sur de nombreux camions interdisant les auto-stoppeurs). Le challenge qui m’était imposé consistait donc à essayer, en Portugais, de convaincre les chauffeurs à aller contre la politique de leur entreprise…Pas toujours évident…

–  La peur et l’insécurité : Le sentiment d’insécurité que ressentent de nombreux Brésiliens rend également les choses plus difficiles.

Experiences d’auto-stoppeur au Brésil

 

– La corruption continue… : Si la corruption de rue est moins importante qu’en Afrique, elle reste belle et bien présente. A 3 reprises, j’ai pu assister à des échanges de billets entre chauffeurs et policiers, un billet de 5 Réaís (environ 1.5 Euros) permettant en général d’éviter d’avoir des problèmes.

 

– L’insécurité : « Tu sais, Ludo, le Brésil, ce n’est pas comme la France, ici c’est très dangereux, les gens n’hésitent pas à tuer pour une montre, faire du stop ici est une folie… ». Ces genres de discours, je les ai entendus des dizaines de fois. Certes, une grande vigilance est toujours nécessaire car l’insécurité est sans doute plus importante ici qu’en Europe mais il ne faut pas céder à la paranoïa, la grande majorité des Brésiliens sont des gens adorables ne cherchant aucun problème. L’inconnu fait peur à beaucoup de gens, mais ce n’est souvent pas aussi dangereux que ce que l’on croit. Je me souviendrai toujours, lors de mon précedent tour d’Europe en stop et mon arrivée en Pologne, des gens me dire « Tu es fou, tu veux aller en Lituanie en stop, tu ne vas jamais en sortir vivant, tu n’imagines pas comment sont les Lituaniens… » et un peu plus tard en Lituanie « Tu es fou, tu es allé en Pologne en stop, les Polonais sont dangereux, tu n’imagines pas ce qui aurait pu t’arriver… » Oui, une vigilance est toujours nécessaire et il ne faut pas se jeter dans la « gueule du loup » mais la majorité des gens sur cette planète restent des gens bien.

En savoir plus sur mon experience d’auto-stoppeur au Brésil : http://www.sekoyamag.com/nouveausite/SPIP/breve.php3 ?id_breve=82

Outre l’auto-stop, ces 3 derniers mois m’ont permis de mieux connaître Rio de Janeiro et de réaliser ma première mission humanitaire dans l’intérieur du Brésil.

 

– Rio de Janeiro : La « cidade maravilhosa » (nom donné à la ville par les Brésiliens) est composée pour 1/3 de nature. Ses longues plages, ses montagnes au centre ville et ses innombrables parcs en font sans doute la plus belle ville du monde, les photos valent mieux que de longs discours…

 

En savoir plus sur Rio : http://www.sekoyamag.com/nouveausite/SPIP/breve.php3 ?id_breve=83

 

– 1ère mission humanitaire : Afin de pouvoir faire une pause de 2 mois dans ma vie de nomade et de me rendre utile, je me suis engagé avant le départ dans 2 missions humanitaires. La première d’entre-elles s’est déroulée dans la petite ville d’Itamarandiba située dans l’Etat du Minas Gerais dans l’intérieur du Brésil loin de toutes grandes villes. Mon principal objectif lors de cette mission était de tenter d’améliorer un petit peu le quotidien des enfants de l’hôpital et d’une école en organisant différents types d’évenements (coupe du monde, jeux olympiques…). De plus, à partir de discussions et de jeux, j’ai tenté de leur ouvrir les yeux sur un monde qu’ils ne connaissent qu’assez peu.

 

En savoir plus sur ma mission à Itamarandiba et sur la vie dans un coin reculé du Brésil : http://www.sekoyamag.com/nouveausite/SPIP/breve.php3 ?id_breve=87

 

Prochaines étapes

 

Je suis aujourd’hui à Rio de Janeiro. La grande descente vers le grand Sud débutera dans les tous prochains jours et se fera progressivement car les routes seront bloquées jusqu’au milieu voire la fin du mois d’octobre pour cause de neige. Plus de 5000 Kms séparent Rio d’Ushuaïa, ville la plus australe du monde située dans la Terre de Feu.

Les villes étapes seront São Paulo, Foz de Iguaçu (avec un arrêt aux célèbres chutes d’eau), Montevideo (Uruguay) et Buenos Aires (Argentine). La carte ci-dessous vous donnera un aperçu du trajet prévu en Amérique du Sud.

 

 

Outre le climat, la principale difficulté de cette longue descente sera le très faible traffic à partir de l’entrée en Patagonie…de longues attentes dans le froid sont à prévoir…

A bientôt.

Ludo

 

PS 1 : Avis aux intéressés, le skipper du voilier m’ayant permis de traverser l’Atlantique recherche actuellement un ou une équipière ayant un minimum d’experience dans la navigation. Le bateau est aujourd’hui à Rio (coïncidence !) et va descendre progressivement vers le Cap Horn. Tenez-moi au courant si vous souhaitez plus d’informations.

PS 2 : La petite ville d’Itamarandiba où j’ai effectué ma mission a vu au début du 20ème siècle, l’histoire incroyable du Français Alphonse Pavie, pionnier de la médecine moderne au Brésil. Son histoire est très surprenante et ne demande qu’à être exploitée si vous êtes journaliste. Lire l’article sur mon site pour plus d’informations ou contactez-moi : http://www.sekoyamag.com/nouveausite/SPIP/breve.php3 ?id_breve=86