08. Retour à l’Auto-stop

Bom dia para todos, tudo bem ?

 

Alain, skipper du Théva, voilier de 11 mètres, me promettait l’enfer « attends toi à être bien secoué, il ne serait pas étonnant que la météo nous joue des tours pendant la traversée » me disait-il avant le départ. Fort heureusement, il n’en fût rien, si quelques coups de vent nous ont quelque peu remués et ont cassé mon caméscope, la météo aura été relativement clémente nous permettant de rejoindre les côtes Brésiliennes sans véritables difficultés.

 

Traverser l’Atlantique fût à la fois formidable car il est fort d’être en parfaite harmonie avec la nature et de n’utiliser que ses forces pour avancer et produire de l’énergie pour nos tâches quotidiennes (grâce à deux panneaux solaires, une éolienne et un hydro générateur) mais aussi ennuyant car 16 jours sur un bateau à ne pas pouvoir faire grand-chose, c’est long, très long (je n’ose pas imaginer la future traversée du Pacifique ni les longues traversées de plusieurs mois sans escale des grands navigateurs). De cette traversée, j’aurais appris entre autre que la vie de navigateur n’est pas faite pour moi, je me sens bien mieux sur la terre ferme.

Les principaux moments de la traversée furent les suivants :

 

– Le travail d’équipier : Travailler en tant qu’équipier sur un voilier n’est, à mon niveau, pas une chose très difficile et s’apprend sans difficulté sur le terrain. Ce travail consiste à aider le skipper dans les différentes manœuvres quotidiennes (monter la grand-voile, dérouler le génois…), à tenir son quart pendant la nuit (en navigation, il est impératif de toujours avoir une personne éveillée vérifiant la bonne tenue du cap et s’assurant qu’il n’y a pas de cargo sur le chemin suivi (nous en avons croisé 12 au total), des relais étaient donc mis en place) ou tout simplement à mettre en place le pavillon Brésilien (voir photo). De plus, j’étais également chargé de laver la vaisselle tous les jours (à l’eau de mer).

 

La faune marine : Ailerons de requins, globicéphales, cachalot (vu au loin), dauphins (très nombreux), tortues de mer (parfois énormes), poissons volants (faisant de longs vols de plus de 100 mètres et s’écrasant parfois sur le pont du bateau)…Toutes ces espèces furent rencontrées avec joie à plusieurs reprises lors de la traversée. Heureusement, nous n’avons rencontré aucun orque, ennemi numéro 1 des voiliers. Les orques n’hésitent souvent pas à charger la quille du bateau comme des torpilles la prenant pour un mâle (surtout celles de couleur blanche) causant de nombreux dégâts voire naufrages.

Passage du « pot-au-noir » : Egalement appelée ZCI (Zone de Convergence Intertropicale), le « pot-au-noir » est une zone de navigation pénible située pres de l’equateur où les vents sont très variables avec des grains orageux, et où les conditions météo passent sans transition du calme à 35-40 nœuds. Durant notre passage dans cette zone, nous avons eu 3 jours où le ciel était souvent noir, il n’y avait absolument pas de vent, l’ocean ressemblant à un lac et il pleuvait très souvent. L’utilisation du moteur était indispensable.

 

L’expérience humaine : Outre les aspects liés à la navigation, un des points intéressants de ce dernier mois et de cette traversée fût l’expérience humaine de vivre 24h sur 24 dans un espace très réduit avec un couple que je ne connaissais absolument pas auparavant. Fort heureusement, j’ai eu de la chance de voyager avec deux personnes sympathiques ce qui rendit l’adaptation facile.

 

La traversée en chiffres :

 

Distance : 1430 milles marins jusqu’à l’île de Fernando de Noronha (où nous avons fait une très courte escale) puis 379 milles marins jusqu’à Recife soit un total de 1809 milles marins entre Praia au Cap-vert et Recife au Brésil (soit environ 3350 Kms).

Eau : Le réservoir du bateau contenait 400 litres + 124 litres en jerricanes, seuls 150 litres ont ete utilisés entre la boisson, la cuisine, la lessive et la douche (rinçage). La vaisselle et le mouillage pour la douche se faisant a l’eau de mer.

Gasoil : Réservoir de 180 litres, 75 litres ont été utilisés pour 178 h de moteur (dans les zones sans vent et pendant 3 jours lors du passage du pot-au-noir). La consommation du moteur est très faible et nous l’utilisions à la puissance minimum par souci d’économie.

 

Prochaines étapes

 

Me voilà maintenant en Amérique du Sud, continent le plus attendu (je pense y rester plusieurs mois) mais aussi le plus redouté au niveau sécurité (surtout Brésil et Colombie).

 

Je suis aujourd’hui dans la ville de Recife au Nord-Est du Brésil, le programme pour les prochains mois est le suivant :

 

1ère étape : Après l’épisode auto-stop en Europe, puis en Afrique, puis bateau-stop pour traverser l’Atlantique, place maintenant à l’auto-stop version Amérique latine.

 

Dès dimanche matin, je retrouverai l’auto-stop et ma bonne vieille technique de la station-essence (qui consiste à aller voir les conducteurs directemment pendant qu’ils prennent de l’essence). Ainsi, j’irai chercher ma première voiture dans la première station à la sortie de Recife objectif Rio de Janeiro situé 2500 Kms plus au sud, le trajet se fera d’un seul trait en suivant la côte (je dormirai dans ma tente où je pourrai). A Rio, j’aurai le grand plaisir de retrouver une partie de ma famille Brésilienne, ce sera alors la première fois depuis 5 mois que je retrouverai des têtes connues…

 

2ème étape : Début juillet, je remonterai dans le Minas Gerais près de Belo Horizonte pour effectuer ma première mission humanitaire dans un centre hospitalier (diverses animations pour enfants hospitalisés).

 

3ème étape : La grande descente vers la Terre de Feu et Ushuaia ne pourra se faire qu’à partir du mois d’Octobre (début de l’été Austral), les routes étant bloquées par la neige jusqu’à cette date

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Je vous souhaite un excellent été (qui sera un hiver pour moi étant dans l’hémisphère sud).

A bientôt

J’espère que vous allez toutes et tous bien.

Ludo